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Le JPB > Sujet à la une 2006-04-13
Le débat public sur la ligne TGV Bayonne-Hendaye lancé en juin
·La Commission particulière du débat public espère que la procédure de discussion pourra être lancée en juin

Le débat public sur le projet d’une Ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV) entre Bordeaux et Hendaye démarrera "fin juin" ou "au plus tard en septembre", a annoncé hier la Commission particulière du débat public (CPDP) chargée d’organiser les discussions. "On a bon espoir que la Commission nationale du débat public (CNDP) donne son accord pour le lancement du débat public lors de sa séance du 7 juin", a indiqué lors d’un point presse à Bayonne Jean-Pierre Chaussade, président de la CPDP, pour le projet ferroviaire Bordeaux-Hendaye.

"Nous nous trouvons à mi-parcours de la préparation du débat", a déclaré M. Chaussade, chef d’une équipe dont le but sera d’informer les gens, de recueillir les questions et d’organiser les discussions. Une centaine d’acteurs politiques, économiques et associatifs ont été contactés et invités à participer à la démarche. Une fois leurs contributions compilées dans un dossier qui sera adressé au Réseau Ferré de France (RFF), qui est à l’origine de ce débat public, le processus de débat proprement dit sera déclenché. Pour lors, le CPDP commencera la diffusion des journaux d’information, alors qu’un million d’exemplaires de la synthèse du dossier seront distribués dans tous les domiciles des zones concernées.

Début pour la fin juin

Le débat, qui se déroulera sur quatre mois, commencera "fin juin et pour trois semaines, avec une interruption entre mi-juillet et fin août, où l’on ferait un bilan avant de reprendre les discussions début septembre", a précisé M. Chaussade, un ancien cadre dirigeant d’EDF nommé début janvier par la CNDP. "Pour juin, c’est un peu court", a estimé M. Chaussade mais, a-t-il ajouté, "plus le débat a lieu en amont par rapport aux échéances électorales de 2007 et plus il y aura de la sérénité dans le débat".

Une trentaine de réunions seront organisées en Aquitaine, "les trois premières à Bordeaux, Mont-de-Marsan et Bayonne fin juin". Pour ceux qui ne pourront suivre en direct les discussions, le site internet de la CPDP offrira une synthèse le soir et le rapport complet huit jours plus tard. Interrogé par les journalistes sur la possibilité de la présence d’interprètes en euskara aux discussions qui se tiendront en Pays Basque, le président de la CPDB a expliqué que la question "s’est posée (...). Je comprends très bien que certains veuillent s’exprimer en langue basque", mais il a été décidé de n’utiliser que la langue française "pour faciliter la transparence". Seule exception: la réunion à laquelle seront invités les acteurs du Pays Basque sud, dont le gouvernement de la Communauté Autonome Basque, institution qui porte un grand intérêt à la réalisation de cette partie de la Ligne à Grande Vitesse Sud Europe Atlantique pour relier le "Y Basque" [lire par ailleurs]. À ce propos, Jean-Stéphane Devisse, membre de la CNDP et chargé de mission au WWF, a regretté "l’absence au sud de la Bidassoa d’une procédure de débat public de ce type. Il n’y aura pas de réunion au sud, mais ceux du sud pourront venir au nord pour enrichir le débat".

Un débat au c¦ur duquel se trouveront les six solutions de LGV présentées par RFF, aucune ne propose l’utilisation des trains rapides qui circuleraient sur les voies existantes aménagées comme demandé par les associations écologistes. "La CPDB n’est pas là pour prendre position par rapport au projet. Notre travail a pour but d’éclairer le maître d’ouvrage, dans ce cas concret le RFF", a expliqué M. Chaussade tout en soulignant que bien que le maître d’ouvrage ne soit pas tenu par la loi de prendre en compte les recommandations du débat public, la pratique montre que "beaucoup de projets sont transformés pour répondre à ce qui a été relevé lors des discussions".

Les sujets de fond à débattre seront de trois: le transport de marchandises à travers les Pyrénées, le transport des voyageurs à longue distance et, enfin, "le volet régional, c’est-à-dire, comment ce projet de voie ferrée peut faciliter le développement d’une grande région composée par l’Aquitaine, l’Euskadi et la Navarre". Voilà les enjeux sur lesquels il faudra trancher.



Vitesse supérieure pour le ŒY Basque’ avec la signature d’une convention entre les exécutifs de Vitoria-Gasteiz et Madrid
Le gouvernement de la Communauté Autonome Basque et l’exécutif espagnol vont signer le 24 avril prochain la convention cadre de coopération pour la construction du "Y Basque" qui représente un investissement de 4 178 millions d’euros. Cette signature supposera de fait un coup de pouce au projet ferroviaire à grande vitesse, dont la réalisation semblait parfois mise sur une voie de garage notamment en raison du refus du gouvernement Aznar de contribuer à sa réalisation.

L’arrivée du PSOE au pouvoir à Madrid semblait être porteuse d’espoir pour les ambitions des autorités de la CAB, mais les relations n’ont pas non plus été faciles avec les socialistes. Début 2005, Alvaro Amann, alors ministre basque des Transport, accusait le gouvernement socialiste de vouloir "laisser Euskadi de côté" dans la carte des infrastructures de la péninsule. En effet, le nouveau schéma des infrastructures reportait à 2020 la construction du réseau à grande vitesse reliant les trois capitales de la CAB avec Hendaye et Madrid. Le ministre basque avait alors ajouté que si Madrid n’entamait pas les travaux, le gouvernement de Vitoria-Gasteiz prendrait l’affaire en main même si la maîtrise d’ouvrage en matière ferroviaire ne relève pas de ses compétences.

Financement des travaux

Après des années d’affrontements verbaux et d’accusations mutuelles, les deux parties ont décidé de tourner la page. Fin 2005, les deux gouvernements arrivaient à un accord. Hier, le cabinet de la ministre basque des Transports, Nuria Lopez de Gereñu, communiquait sur la signature d’une convention institutionnelle sur la question.

Une convention qui porte notamment sur la modalité du financement des travaux. La compétence sur les matières relatives aux infrastructures ferroviaires relevant du gouvernement central, c’est à Madrid d’assumer tant la maîtrise d’ouvrage comme les coûts des travaux. Mais l’exécutif basque ayant déjà engagé, comme annoncé, la construction d’une partie du réseau ‹au Gipuzkoa‹, le gouvernement socialiste a accepté de partager la tâche.

Sur les 4 178 millions d’euros qui sont nécessaires pour la construction du réseau ferré, 2 536 seront apportés directement par Madrid, alors que l’exécutif de Vitoria-Gasteiz avancera le reste. Et c’est bien d’une avance d’argent qu’il s’agit, parce qu’en effet le gouvernement basque récupérera cette somme à travers le Concierto Economico [accord économique selon lequel les provinces basques perçoivent les impôts et versent une partie au gouvernement de Madrid].

Ainsi, suite à cette convention, le gouvernement basque prendra en charge la construction des 90 kilomètres de voies du tracé gipuzkoar ‹l’ensemble du Y Basque compte 170 km‹, dont 66% se feront à travers des tunnels. Le ministère basque aux Transports souhaite voir le Y Basque opérationnel pour 2010.

Les signataires de la convention seront d’un côté le ministre espagnol de l’Économie, Pedro Solbes, et la responsable du portefeuille des transports, Magdalena Álvarez, et de l’autre côté leurs homologues basques Idoia Zenarruzabeitia et Nuria Lopez de Gereñu.

La Communauté Forale de la Navarre pourrait elle aussi se servir de cette convention pour mener la construction du tracé de ligne ferroviaire à grande vitesse qui transformerait le Y Basque en "X".


 
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