"Désavoué", "humilié", "démoli", trahi en définitive... les adjectifs ne manquent pas pour Didier Munduteguy à l’heure de qualifier son sentiment concernant la "manière de faire" du gouvernement de la Communauté Autonome Basque (CAB), et plus particulièrement celle de la nouvellement nommée ministre des Transports et Travaux Publics Nuria Lopez de Gereñu. En effet, celle qui a succédé à Alvaro Amann n’a pas souhaité honorer les engagements signés par son prédécesseur avec Didier Munduteguy, a dénoncé hier le skipper de Guéthary. Des accords concernant notamment le projet "Euskadi-Vendée Globe 2005-2009" qui devaient aboutir par la présence du skipper au départ du Vendée Gobe 2008 avec un bateau flambant neuf qui aurait dû être construit à Bilbao.À partir de là, l’incompréhension la plus totale plane au-dessus de la tête de Didier Munduteguy : "Je ne sais pas quoi penser, je n’ai pas de réponse. En 20 ans, je n’ai jamais rencontré une personne aussi délicate. C’est difficile à avaler, totalement inacceptable" désapprouve Munduteguy un an après (jour pour jour) avoir signé ce protocole de collaboration avec la société publique Euskadiko Kirol Portua (EPK), représentée par Monsieur Amann en sa qualité de ministre aux Transports et Travaux publics du Gouvernement d’Euskadi, et le Foro Maritimo vasco représenté par Ramon Ecenarro son président. "J’avais besoin de fêter cet anniversaire" avoue ironiquement le Labourdin , "j’avais surtout besoin de le dire".
"La parole d’un ministre du
gouvernement n’a pas de valeur"
D’autant plus que le Getariar était loin d’imaginer qu’un changement de personne au sein du nouveau gouvernement d’Ibarretxe pouvait anéantir un projet de cette envergure : "Ce n’est pas rien. On parle quand même d’un tour du monde à la voile, qui exige des sacrifices, c’est une aventure risquée. Ce n’est pas un petit tour sur la baie de Saint-Sébastien. J’avais déjà entamé des démarches avec mes partenaires pour boucler le budget, puis il y a la famille... bref, c’est un véritable investissement de ma part. Aujourd’hui je me rends compte que la parole d’un ministre du gouvernement basque n’a pas de valeur. Ni la signature d’ailleurs. Lopez de Gereñu, elle-même, a affirmé qu’elle n’était en aucun cas liée par le document signé par son prédécesseur" rapporte le marin, document à l’appui.Stupéfait, Didier Munduteguy a essayé de comprendre. Il a effectivement rencontré Madame Nuria Lopez pour essayer de la convaincre, en vain : "J’ai quand même passé sept mois avant de pouvoir la rencontrer. Aujourd’hui, j’ai épuisé tous les chemins possibles. Lopez a mis en avant des arguments économiques que j’ai du mal à croire. Il faut savoir qu’elle gère un budget de 93 M d’euros" s’exclame-t-il.
Munduteguy a même visé plus haut. Le marin est allé jusqu’à interpeller le président de la communauté autonome basque, Juan Jose Ibarretxe : "je lui ai envoyé un courrier recommandé le 5 janvier 2005 qu’il a reçu le 12 janvier 2005. Depuis, je n’ai pas de nouvelles". Il ne cache pas sa déception par rapport à un homme "que je considérais de parole". "Il le dit sur le site officiel de son gouvernement : si quelqu’un donne sa parole, il doit respecter son engagement...".
La voie juridique
Aujourd’hui, Munduteguy se demande quel est "le ministre inconscient et l’administration irresponsable" qui a donné le feu vert à ce projet "l’ancien ou l’actuel, je ne sais pas, mais apparemment quelqu’un s’est trompé à ce sujet".Désormais, après avoir tenté en vain de substituer le retrait du gouvernement d’Euskadi à l’aide de Monsieur Alvaro Amann, Munduteguy s’est fait une raison: "Ça n’a pas été possible. Ce projet n’existe plus. Je ne participerai pas au Vendée Globe 2008, c’est tout. Ce n’est pas dramatique. Il y a certainement des choses plus importantes actuellement au Pays Basque, mais les qualités des Hommes se mesurent sur les petits actes. Je retiens simplement que ce gouvernement est inconséquent" lâche-t-il.
Sans trop d’espoir sur un éventuel aboutissement, le Labourdin avoue toutefois "réfléchir à prendre la voie juridique. Il y a un délai, je vais y travailler en espérant que la valeur de cette signature soit reconnue".
Une chose est sûre, cet épisode a fortement marqué le marin qui se demande s’il aura de l’énergie pour se relever. Sa brillante carrière ne mérite en tout cas pas de s’achever sur un échec de la sorte.