Habiter son pays en trois chapitres
·Gatuzain vient de publier un ouvrage relatant la problématique foncière en Soule, Labourd et Basse-Navarre
Historique, état des lieux, analyses et propositions, "Habiter son pays" contient tous ces éléments à la fois. L’ouvrage qui vient de paraître aux éditions Gatuzain propose une lecture de la situation foncière et immobilière pour chaque province du Pays Basque nord. Trois auteurs pour trois territoires et trois sensibilités. Peio Etcheverry-Ainchart, luzien, porte-parole d’Abertzaleen Batasuna et chargé de la question du logement au sein du parti, parle du Labourd. Maite Goienetxe, d’Esterençuby, membre du collectif bas-navarrais Lurra de défense du foncier et de l’immobilier, décrit la Basse-Navarre. Enfin, Pierre Vissler, habitant à Montory depuis 18 ans, membre du collectif souletin contre la spéculation évoque le cas de la petite province.Pour tous, il n’y a pas un niveau de responsabilité de la tension foncière actuelle mais plusieurs, et en conséquence pas une seule solution mais différentes pistes à développer. "La problématique du foncier est une longue chaîne dont chaque maillon est un acteur social (élus, vendeur, agent immobilier, banque...). Chacun a donc une responsabilité et un rôle à jouer à son niveau", estime Peio Etcheverry-Ainchart. Pour parler du Labourd, il a cherché les raisons historiques de la situation actuelle et expliqué aussi l’importance de l’etxe (la maison) dans la culture basque. Enfin, du diagnostic actuel, le porte-parole d’AB brosse quelques pistes de solutions. "La législation a changé, il y a des possibilités d’agir qui sont aujourd’hui pas assez ou mal exploitées", commente-t-il. Le contrôle de la propriété, les pièges à éviter dans l’urbanisation ou encore la valorisation des maisons vides et résidences secondaires, sont les autres aspects sur lesquels il se penche. L’importance de l’agriculture sur le territoire bas-navarrais occupe une grande place dans la contribution de Maite Goienetxe. La pression foncière fait donc de ce secteur l’un des plus touchés par la situation actuelle. S’y ajoute une politique agricole commune qui distribue ses aides publiques en fonction des surfaces des exploitations. "Or une ferme qui disparaît c’est un outil de travail donc un élément de la vie économique, sociale et culturelle en moins", souligne Maite Goienetxe.
"Colonisation" de la Soule
Elle fait remarquer que le monde agricole a développé au fil des ans des alternatives à ce système "auxquelles les pouvoirs publics ne s’intéressent pas et pourtant desquelles ils auraient beaucoup à apprendre". L’installation des candidats non issus du milieu agricole est une "extraordinaire espérance qu’il faut prendre au sérieux" selon elle. Dans son écrit, Pierre Vissler, né en Franche Comté, propose un "regard particulier" puisqu’il "vient de l’extérieur". Il n’hésite pas à évoquer la "colonisation" de la Soule. "Ce qui se passe correspond à cette définition de perte des éléments fondamentaux de son autonomie et des moyens de sa propre subsistance que sont les terres et les maisons", explique-t-il. "Le pays est confisqué à ceux qui veulent l’habiter par ceux qui veulent l’utiliser", ajoute-t-il. Selon lui, pour inverser le processus "il y a le bon sens commun". Habiter son pays, Editions Gatuzain, 224 pages, 16 euros Business de la guerre et Arnaldo Otegi à
venir
Les ouvrages de la maison d’éditions Gatuzain sont disponibles dans 35 points de vente en Pays Basque nord mais aussi par abonnement. Pour 4¤ par mois, chaque souscripteur reçoit quatre livres par an. Plus de 130 personnes ont déjà choisi cette formule. Dans les rayons pour les mois à venir, Le business de la guerre, ouvrage coordonné par Dario Azzelinni et Boris Kanzleiter sur l’analyse de neuf conflits dans le monde. La version française du livre-entretien d’Arnaldo Otegi, porte-parole de Batasuna, sortira aussi bientôt.
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