Le fabricant allemand d’automobiles Volkswagen (VW) va démarrer un plan de réduction d’investissement dans son usine navarraise qui emploie 4200 salariés. La multinationale a précisé qu’elle était en train de chercher des usines où transférer la fabrication des nouvelles "Polo". "À partir de 2008, et c’est un moindre mal, la capacité de production de cette usine pourrait être réduite d’un tiers" par rapport aux chiffres actuels : 240.000 unités par an.Le groupe Volkswagen, qui au mois de mars annonçait qu’elle avait fait grimper de plus de 9% ses ventes, mène depuis quelques années un discours économique alarmant devant les salariés de l’usine de la zone industrielle de Landaben. En 2002, VW annonçait le licenciement économique de 590 ouvriers "à cause de la réduction de la production automobile qui touche tout le secteur". La direction de l’entreprise avait alors proposé comme alternative une baisse des salaires ainsi que du temps de travail pendant deux ans, proposition qui avait été acceptée par les salariés sous certaines conditions.
Depuis 15 mois, le comité d’entreprise est engagé dans les négociations d’une convention collective sans arriver à un accord avec la direction, qui ne propose que de nouvelles réductions salariales. Pendant ce temps les mobilisations se sont suivies jusqu’à ce que les travailleurs, soutenus par la majorité des syndicats, décident d’exprimer leur ras-le-bol d’une façon plus explicite.
Mardi, quelque deux mille salariés se sont présentés devant le Parlement navarrais. Soutenus par les syndicats CCOO, LAB et CGT (l’UGT a préféré de ne plus se mobiliser) les ouvriers ont manifesté devant le siège parlementaire jusqu’à ce que la police décide de les charger. Cinq travailleurs ont été blessés.
VW affirme que les mobilisations actuelles (des arrêts de travail de 4 heures par jour) supposent une réduction de la fabrication de 600 voitures par jour.
Mis à part les 4200 employés de VW, quelque 11.000 personnes travaillent autour de cette industrie en Navarre.