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Un passé qui ne passe pas
·La deuxième édition du festival rencontre sur les docks débute aujourd’hui au cinéma l’Atalante
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"Ce passé qui ne passe pas".Cela aurait pu être le titre général de cette deuxième édition des Rencontres sur les docks, qui se tiendra au cinéma l’Atalante du 29 au 1er avril.Après le thème des témoins l’an dernier, le cinéma bayonnais propose ce "concentré de travail d’une année" sous l’intitulé excitant de ŒVent du sud’. 18 films sont au programme pendant quatre jours pour visiter, avec un même regard constant sur les répercussions du passé dans notre présent, l’histoire espagnole, africaine et d’Amérique latine. Débats, tables rondes, expositions et concerts compléteront ce "reflet des réalités" en mêlant dimensions "festives, culturelles et intellectuelles" selon les organisateurs qui résument leur propos dans la célèbre phrase de Paul Valéry : "Le vent se lèveŠ il faut tenter de vivre".Ce Œfestival’ Vent du sud entend ainsi mettre "des couleurs sur nos écrans" promet le président de l’association Cinéma et Cultures, Jean-Pierre Saint-Picq."Pour faire un film, il faut à peu près trois ans" explique quant à lui Ramuntxo Garbizu, le directeur des trois salles du quartier Saint-Esprit.D’horizons bien distincts, voilà que les cinémas se sont mis à raconter la société actuelle au prisme d’un passé brûlant.Et aujourd’hui d’actualité.Pour l’Espagne, le thème est "évident" convient Ramuntxo Garbizu, en évoquant l’image de la recherche des charniers.Avec le Centre culturel espagnol à côté de l’Atalante, il sait que la projection, ce soir, du film de David Trueba Soldados de Salamina, aura une résonance importante dans la salle.La documentariste catalane Montse Armengou sera aujourd’hui à l’Atalante pour dire, justement, ce passé qui ne passe pas, les conditions du retour à la démocratie espagnole basée sur l’oubli du passé. Montse Armengou présentera à Bayonne trois films bouleversants, jamais diffusés à la Télévision publique espagnole. Les enfants perdus du franquisme, Les fossés du silence, Le convoi des 927, sont autant de contributions contre l’oubli.Ou, au contraire, pour remettre la société espagnole face à ses vérités et permettre le travail de deuil.
Un vent nouveau
C’est un peu la même démarche qui a présidé au choix des films d’Amérique Latine.Un vent nouveau, justement, souffle sur le continent latin. "Que se passe-t-il dans ce continent ? Est-ce que le cinéma peut nous renseigner ?" questionne Jean-Pierre Saint-Picq.Bien sûr, Ramuntxo Garbizu répond par l’affirmative en évoquant "cette jeune génération latino-américaine qui a un bulletin de vote dans les mains". Rien de mieux pour comprendre ce nouveau souffle de la gauche sud-américaine que de plonger dans le documentaire de Patricio Guzman et son sujet de prédilection, Chili, la mémoire obstinée.Il y a aussi l’étonnant film brésilien Cinéma, aspirines et vautours qui fait un bon de 60 ans dans le passé.Et puis, le film français La Fragile Armada sera l’occasion vendredi soir de revenir, en présence du réalisateur Jacques Kebadian, sur "cette Amérique latine qui bouge", dans le sillage de la marche des zapatistes vers Mexico. Samedi, l’Afrique enfin, sera à l’honneur, avec les mêmes ondulations du passé, de la colonisation à la Œcrise des banlieues’.Bienvenue en Afrique, prévient justement le film autrichien qui servira d’amorce à une soirée festive samedi.Un film d’ironie qui est accompagné d’une demi-douzaine de longs métrages consacrés à l’immigration ou à la création dans un bien grand continent noir, si peu représenté sur les écrans blancs. · Rencontres sur les docks
Vent du sud.Jusqu’au 1er avril.Mercredi 29 mars, à partir de 20h, avant la projection de Soldados de Salamina : Apéro-Concert espagnol, paella préparée par le Centro Espagnol (prix 10 ¤, réservation recommandée).
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