Le chef du gouvernement socialiste, José-Luis Rodriguez Zapatero, et le chef de l’opposition Mariano Rajoy ont renoué le dialogue mardi malgré de fortes divergences sur la marche à suivre après le cessez-le-feu permanent de l’ETA.
M. Zapatero a souligné le "ton positif" de la rencontre. "C’est un bon premier pas", a-t-il dit, "mais après deux ans de différends notables, chacun comprendra qu’il reste beaucoup de travail à faire" avant de parvenir au consensus entre gauche et droite.
Lors d’une conférence de presse quelques minutes auparavant, M. Rajoy avait assuré que le Parti Populaire (PP, droite) était "prêt à aider le gouvernement à en finir avec la bande terroriste". "J’ai exprimé au président du gouvernement mon désir que les perspectives qui s’ouvrent puissent se confirmer à court terme avec la dissolution de la bande terroriste et la remise de ses armes". Mais alors que se profile un processus de paix en deux voies parallèles de négociation gouvernement/ETA sur les prisonniers et le désarmement et entre partis politiques sur l’avenir politique du Pays Basque, M. Rajoy a averti qu’"aucune négociation ne peut proposer ou envisager un quelconque changement du cadre légal du Pays Basque, de la Navarre, ou de l’ensemble de l’Espagne".
Interrogé sur ce rejet de principe, M. Zapatero a répondu: "dans le cadre de la légalité, toutes les idées et toutes les propositions ont leur place".
"On pourra répondre oui ou non, mais si elles sont faites démocratiquement, toutes ont leur place", a-t-il insisté.
M. Zapatero dit avoir exposé à son interlocuteur quelle était "l’évaluation que faisait le gouvernement du communiqué de l’ETA" annonçant son cessez-le-feu permanent. "Nous avons partagé des informations et nous avons évoqué des processus antérieurs", a ajouté le chef de l’exécutif, en référence notamment aux négociations menées en 1999 entre l’ETA et le gouvernement conservateur de José Maria Aznar. À l’époque, à la faveur d’un "cessez-le-feu illimité" de l’ETA qui devait durer 14 mois (1998-99), le gouvernement avait notamment procédé à des regroupements de prisonniers. Le chef de file des conservateurs espagnols a exigé qu’il n’y ait "aucune contrepartie politique, directe ou indirecte" au cessez-le-feu et a dit avoir reçu de M. Zapatero l’assurance que l’exécutif socialiste n’avait pris aucun "engagement avec la bande terroriste". Le communiqué de l’ETA, a réitéré le chef du gouvernement espagnol, "ouvre des perspectives positives pour le souhait de la fin de la violence". M. Zapatero va poursuivre avec d’autres responsables politiques les consultations entamées mardi avec M.Rajoy, avec pour objectif d’aller devant le parlement avant l’été pour faire valider le lancement de négociations formelles avec l’ETA.
Le PP avait été le seul parti à voter contre une résolution des députés en mai 2005, par laquelle M. Zapatero était autorisé à mener des "conversations" avec l’ETA dès lors que l’organisation indépendantiste armée montrerait sa volonté d’abandonner la violence.