C’est certainement le pilotari le plus titré encore en activité. Olaizola II se trouve, en plus, à l’aube de réaliser un triplé historique au cas où il coifferait la txapela du championnat par équipes dimanche au mur à gauche Ogeta de Vitoria-Gasteiz (18h30, ETB-1) face à Irujo-Eulate. Après le tête-à-tête face à Irujo et le quatre et demi contre Xala le plus jeune des Olaizola brigue le seul titre qui manque à son palmarès. Pour sa septième participation à cette compétition (et une seule finale en 2003 avec Pascual) il sera épaulé par l’unique Bizkaitar de l’épreuve, Oier Zearra.Une finale qui sera toutefois marquée par la présence de deux avants explosifs, en grande forme depuis le début de la compétition, qui risquent d’accaparer les regards des pilotazale. Les arrières en revanche restent dans l’ombre, à l’image de leur mission dans la cancha : un travail de sape au bénéfice de leurs coéquipiers.
Pour autant, le rôle de Zearra et Eulate sera déterminant quant au dénouement final. La grande interrogation réside d’ailleurs sur le rendement de l’arrière navarrais, retenu pour la première fois en première série, et qui disputera demain sa première grande finale chez les professionnels. "Des conseils à Eulate ? Il a certainement joué plus de parties que moi chez les professionnels" a plaisanté Irujo. Pour autant, Martinez de Eulate a parfaitement tenu son rang "chez les grands". Un des plus réguliers du championnat, le pilotari d’Aspe n’a nullement usurpé sa place, il voudra certainement confirmer ses progrès avec une prestation à la hauteur des événements : "J’ai des bonnes raisons d’être satisfait. C’est la première fois que je dispute le championnat et je suis en finale" a-t-il fait remarquer. Pour l’instant, l’arrière de Lizarra craint surtout le mur à gauche, une cancha ô combien exigeante, pour les arrières notamment : "Je ne joue pas souvent à Vitoria, mais je sais que la pelote est très lourde dans les cuadros arrière.
50 journalistes, 300 pilotazale
Jeudi, devant plus de 50 journalistes et 300 curieux (un record) preuve de l’engouement suscité par cet épilogue, les quatre protagonistes se sont donné rendez-vous sur les lieux de l’événement afin de choisir les pelotes de la partie. Une fois n’est pas coutume, la séance a joui de l’absence totale de polémique. Les pelotes ne seront pas une excuse. Tout le monde a trouvé chaussure à son pied. "Je l’ai toujours dit, en finale il y a généralement des bonnes pelotes" a lancé un Irujo qui avait quitté hors de lui la séance de la demi-finale "il y a des différences, mais toutes sont bonnes pour jouer à la pelote". "Tout au long de la compétition, on a trouvé le matériel qui nous convenait" a quant à lui tempéré Olaizola II. Aujourd’hui aussi, même si leurs pelotes sont un peu plus tortes".Le champion individuel est conscient du record qu’il pourrait établir en cas de victoire, or il ne veut surtout pas être obsédé par cette performance : "C’est sûr qu’une victoire me ferait plaisir, mais cela ne me préoccupe pas outre mesure". À l’image de son vis-à-vis, sa mission sera de déséquilibrer la balance en sa faveur. Comme Irujo, il en a largement les moyens, faut-il encore se retrouver en position de force pour s’exprimer pleinement.
Car c’est de cela qu’il s’agira demain devant les 2000 personnes qui rempliront l’Ogeta. chacun voudra ramener la rencontre à son terrain. Olaizola II fera parler sa science pour peu que son arrière domine, Martinez de Irujo tentera l’impossible à la moindre ouverture. Et si jamais, ça passe... rien n’est à exclure.
L’avant d’Ibero, fidèle à son tempérament, a comme d’habitude les idées très claires : "J’essayerai d’imprimer de la vitesse. C’est vrai que celui qui risque beaucoup a plus de chances de se tromper, mais je ne changerai pas mon style de jeu pour autant. En revanche, s’il faut jouer pendant deux heures on le fera. C’est déjà beau de se retrouver en finale, c’est cela le plus important. Je serai déçu si on perd en faisant des cadeaux à l’adversaire".