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Golgoth 13, le retour du futur à 8 bits
·Deuxième album pour le groupe Golgoth 13 qui développe "très sérieusement" une musqiue "rigolote" en inventant le Heavydéo
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Bien sûr, ils sont complètement fous. Mais, résumée à cela, notre affaire serait bien trop simple, comme dès lors qu’il s’agit de mesurer la distance qui sépare l’art de la démence. Un gouffre dans lequel sont déjà tombés de nombreux artistes au fil des siècles. Pas les musiciens de Golgoth 13 qui prônent avec détachement une sereine hauteur, une arrogance souveraine d’un royaume encore interdit à la fougue commune. Une altitude sidérale qui permet de relativiser de bien pâles préoccupations de journalistes, lorsque le rendez-vous devient plus difficile à caler avec ces types inspirés qu’avec n’importe quel présidentiable en goguette au pays. Certes les enjeux sont différents et les Golgoth 13 voient plutôt l’attrait de la bonne bouffe au soleil et du bon mot échangé que l’intérêt évident de parler de leur nouvel album. "T’as qu’à dire qu’il est plus excellent que le premier. Le premier, c’était une touche de génie inconsciente. Là, c’est une touche de génie consciente" ordonne Vincil, comme si on avait gardé Goldorak ensemble. Un coup qui déclenche habituellement "l’auto-largue", comme dans le dessin animé dont se souviennent les trentenaires. A l’époque, Actarus passait de la soucoupe à la tête de Goldorak sans que chacun sache vraiment pourquoi il faisait deux demi-tours successifs. C’était le temps où Seb et Vincil sautaient le mur du collège Saint-Bernard de Bayonne pour vider leurs poches dans le jeu vidéo du bistrot d’à côté. L’économe a fini par les choper ce qu’il les a, au choix des interprétations, traumatisés à vie ou confortés à jamais dans leur passion frénétique des Pacmans et autres Star invaders. C’est dans cette esthétique sûre que s’épanouissent encore, à l’âge du Christ, les Golgoth 13. Comme au bon vieux temps où leur ordinateur s’appelait "Comodore 64".De la même époque, ils ont gardé un vieux synthétiseur Yamaha d’enfant et leur fameux "fantastic rodéo song". Édité aux éditions Elkar, leur nouvel album illustre encore ce goût immodéré pour le 8 bits et les gros pixels, en rendant par exemple un hommage vibrant à l’un des premiers jeux vidéos, The island caper, dont ils reprennent le thème musical. Un thème pointu qui leur fait dire sans risquer l’approximation : "on est proche de la musique expérimentale mais surtout de la musique au sens large".Et une certitude : "On n’est pas fermé"."Evidemment, dit Seb, on tripe sur les pixels, mais c’est plus une époque". "Faut être très ouvert pour écouter notre musique" insiste Vincil en divisant ses fans en deux catégories : les "très pointus" et "ceux qui n’écoutent pas de musique".D’habitude, les gens rigolent à la première écoute.Puis les rappellent.Ce qui fut le cas de l’équipe de Groland sur Canal plus qui n’en a pas crû ses oreilles. Pour le reste, les Golgoth 13 ont "du mal à avoir la reconnaissance qu’ils méritent".Le problème, explique Vincil, "c’est qu’on est un peu en avance sur notre temps"."On n’est pas calibré au rayon fruits et légumes" confirme Seb."On n’a pas de créneau" étaye Vincil."Imagine une bagnole qui est trop mal branlée, elle peu pas faire de créneau".Pour sûr, la musique de Golgoth 13 étonne.Mais l’énergie allègre qu’elle dégage au son du piano pour enfant finit par rendre heureux en moins de temps qu’il n’en faut pour esquisser un mouvement de danse d’un genre nouveau. A la guitare, au bidouillage électronique, et à la basse pour apporter l’épaisseur musicale qui faisait peut-être défaut lors du premier album, Golgoth 13 exprime sans paroles l’humour et la dérision.Un genre de Heavydéo porté par la passion du métal et des premiers jeux vidéos. "On fait de la musique rigolote très sérieusement" résume fort justement Seb, "mais arrête de noter!"."De tout ce qu’on a dit, dis-en le moins possible" adjoint-il.Finalement, explique Vincil, on n’a pas envie de décrire notre musique.C’est juste pour les gens curieux". "Ouais, tout ce qu’on a dit c’est nul, ajoute Seb. Tu peux juste dire qu’on a fait un bon album et qu’il mérite d’être écoutéŠ" Une sublime conclusion pour un groupe qui ressemble tant à sa musique, marquée du sceau royal de la cinglante ironie.
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