Droits humains sur grand écran
·La première édition de la semaine transfrontalière des droits de l’Homme débute aujourd’hui entre Saint-Jean-de-Luz et Irun
L’immigration et l’intégration, le droit des femmes, le devoir de mémoire avec les années du franquisme, les problématiques Nord-sud, les droits de l’Homme en Amérique Latine figurent parmi les trois thèmes de la première édition de la Semaine transfrontalière du film des droits de l’Homme.Films, documentaires, débats ou témoignages s’annoncent ainsi, à partir d’aujourd’hui, avec cette matière à réflexion qui propose d’animer Saint-Jean-de-Luz jusqu’au 25 mars."Ouvrez les yeux, prenez la parole !" enjoint le slogan du festival en alignant une dizaine de films, parmi lesquels des nouveautés et quelques perles fort à propos reprogrammées.Cette première initiative au Pays Basque est une déclinaison locale du Festival international du film des droits de l’Homme de Paris, qu’a lancé il y a cinq ans l’organisation de solidarité internationale Terre des hommes. Mais plus qu’un festival délocalisé, comme ce fut le cas l’an dernier à Lannion, Lisieux et Cognac, le festival du film des droits de l’Homme se nourrit, à Saint-Jean-de-Luz, d’une dimension supplémentaire, sous la houlette de l’association des étudiants du Master de coopération transfrontalière et Interrégionale de la faculté de Bayonne (ACTI).
Dimension transfrontalière
Du coup, le festival prend une dimension transfrontalière, histoire de mener à bien les enseignements suivis par les étudiants organisateurs dans la filière "management de projets". On retrouvera donc naturellement un "Forum" et un village associatif au centre culturel Amaia d’Irun, le samedi 25 mars, après les soirées Ciné-débats qui se dérouleront au Rex toute la semaine.À Irun, plusieurs débats concerneront simultanément la France et l’Espagne, comme notamment une comparaison entre les deux pays en matière de législation anti-sexiste. L’immigration et l’intégration dans les deux pays seront également au menu des débats ainsi que Le devoir de mémoire, et "l’exhumation de tabous nationaux", allusion aux recherches et réhabilitations historiques sur la guerre d’Espagne qui agitent la société espagnole actuellement.Au cinéma Le Rex de Saint-Jean-de-Luz, des films illustreront ces thèmes toute la semaine, comme le fameux Te doy mis ojos de Iciar Bollain qui abordera le thème de la violence conjugale, ou le sublime Les enfants de Russie qui relate l’exil de nombre d’enfants basques en Russie pour fuir le nationalisme espagnol. L’ouverture officielle de cette semaine qui ambitionne de rendre les spectateurs "acteurs du progrès social", se déroulera aujourd’hui, à 17h15, et verra la projection en avant-première du film sud-africain Zulu love letter(Lire aussi ci-dessous). Une ouverture qui sera suivie dimanche soir, à 18h, par un concert du ch¦ur du Conservatoire national de région à l’auditorium Maurice Ravel de Saint-Jean-de-Luz.Lundi, l’organisation de solidarité internationale Terre des hommes reprendra l’initiative en présentant une soirée-débat, à partir de 20h, sur les droits de l’homme en Amérique Latine.La projection du documentaire El Baile Rojo, qui explique les mécanismes utilisés par l’État colombien pour assassiner les opposants syndicaux et politiques, sera suivie par un débat en présence de Maribel Wolf, auteur du livre La Colombie écartelée.
(Programme complet page 21)
Lettre d’amour zoulou
Zulu
love letter (lettre d’amour Zoulou) du réalisateur sud-africain Ramadan Suleman, sera présenté aujourd’hui à Saint- Jean-de-Luz, en avant-première pour la semaine transfrontalière du film des droits de l’Homme. Avant la sortie du film le 19 avril, on pourra en découvrir l’intrigue, à Johannesburg, deux ans après les premières élections démocratiques. On y découvre Thandeka, une journaliste noire, vivant dans la hantise du passé de son pays, au point de ne plus parvenir à travailler et d’aller d’échec en échec dans ses relations avec Mangi, sa fille sourde et muette. Jusqu’au jour où une vieille femme, Me’Tau, se présente au journal. Dix ans plus tôt, Thandeka a été témoin de l’assassinat de sa fille, Dinéo, par une équipe de la police secrète. Me’Tau veut que Thandeka l’aide à retrouver les coupables et à leur faire avouer où le corps fut enseveli, afin que les restes de Dinéo puissent être enterrés conformément à la tradition. Ce que les deux femmes ignorent, c’est que les trois assassins rôdent autour d’elles. Ce que ne peut pas savoir Me’Tau c’est que Thandeka a déjà payé pour cette histoire, pour avoir osé affronter la machine blanche de l’apartheid. Un thème qui servira les discussions durant la semaine. Le film a déjà été primé en Belgique et au festival d’Angers.
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