2L’ex-ministre de la Justice Robert Badinter a donné le coup d’envoi d’une vaste consultation du monde judiciaire et carcéral, y compris des détenus, qui aboutira à des "Etats généraux de la condition pénitentiaire" pour qu’une réforme de la prison soit "une priorité".Le résultat de ces Etats généraux qui auront lieu en octobre à Paris sera "une injonction à agir pour les responsables politiques de ce pays", a renchéri Gabriel Mouesca, président Bayonnais de l’Observatoire international des prisons (OIP), à l’origine de l’initiative soutenue par dix associations et syndicats.
Originalité de cette consultation, la parole sera donnée aux détenus "pour la première fois sujets de droit", par le biais de questionnaires disponibles à partir du 31 mars qui leur permettront d’exprimer leurs attentes.
"Il convient que les questionnaires parviennent aux détenus et qu’ils les renvoient. Je ne conçois pas que cela puisse être fait en opposition avec l’Administration pénitentiaire", a souligné M.Badinter.
Cette question doit être prochainement évoquée avec la Chancellerie. Les questionnaires seront dépouillés cet été et aboutiront après des réunions régionales à la rédaction de "cahiers de doléances".
Au nom de l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), Dominique Barella a regretté que la prison soit "devenue la peine centrale et la quasi-disparition des peines alternatives".
Prônant une réforme immédiate de la garde à vue et de la détention provisoire, il a dénoncé "le bal des faux culs" au début des auditions de la commission d’enquête parlementaire sur Outreau, et ceux qui ont voté des lois "à l’insu de leur plein gré".
Outre l’USM, la LDH et le CNB, le Syndicat de la magistrature (gauche), le Syndicat des Avocats de France (SAF), le FNUJA (jeunes avocats), la CGT pénitentiaire, le SNEPAP (travailleurs sociaux), la FNARS (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale) et Emmaüs soutiennent l’opération.