Une manifestation en faveur du processus de paix le 1er avril à Bilbao
·Tous les partis et syndicats abertzale, sauf le PNV, ont appelé à manifester massivement
Treize organisations politiques et syndicales abertzale à l’exception du PNVont appelé à manifester le 1er avril à Bilbao en faveur de la tenue d’un processus de paix. La présidente d’Eusko Alkartasuna Begoña Errazti, le porte-parole de Batasuna Pernando Barrena, la représentante d’Abertzaleen Batasuna Mertxe Colina, le porte-parole navarrais d’Aralar Txentxo Jiménez, ainsi que les secrétaires généraux des syndicats ELA, José Elorrieta, et LAB, Rafa Diez, ont présenté hier à Iruñea-Pampelune cette mobilisation dont le thème est "C’est le temps des solutions. Euskal Herria, décision, accord".Selon ces formations politiques et syndicales, "les conditions pour être sur le chemin de la résolution du conflit que nous subissons depuis des années sont en train d’être créées". Dans ce sens, ces organisations réclament la reconnaissance de "tous les droits pour toutes les personnes", tout en se disant "unies dans la défense des Droits humains et des Droits civils et politiques". Enfin, ces partis et syndicats s’engagent également à "rassembler les efforts en faveur d’une solution démocratique" du conflit basque.
Engagement populaire
Les promoteurs de la manifestation du 1er avril affirment que cette mobilisation cherche à "obtenir et à offrir un engagement populaire" en faveur du dit processus de paix."L’aide des citoyens" est "incontournable" dans le chemin de la résolution du conflit, pour ces organisations politico-syndicales. Les organisations estiment également que ce sont les citoyens qui devront avoir le dernier mot dans le processus de paix. "Le dernier mot est aux Basques", lesquels devront avaliser les accords pris par consensus entre les différents acteurs autour d’une table de dialogue. Enfin, les promoteurs de la manifestation affirment que l’éventuel processus de paix doit être "le plus protégé possible face à la rivalité partisane et face à l’évolution du conflit", et le plus ouvert possible "à la présence et à la participation d’observateurs internationaux". Ces organisations ont par ailleurs regretté l’absence du PNV dans l’appel à la manifestation. Selon la présidente d’EA, l’absence du PNV est "légitime", mais elle a souligné ne pas comprendre cette décision alors que "nous nous trouvons à un moment où des efforts formidables sont en train d’être faits afin d’avancer vers la paix et la normalisation politique". Begoña Errazti s’est dit "convaincue, au-delà des sigles politiques", de la présence le 1er avril dans les rues de Bilbao "de milliers et de milliers d’hommes et de femmes de bonne foi, engagés avec le peuple basque et avec ses droits, mais surtout avec la paix et la normalisation politique". Le président du PNV, Josu Jon Imaz, a déclaré qu’il ne va pas manifester avec ceux qui ne demandent pas au préalable "la fin de la violence".
Paix : les plus optimistes, les citoyens du Pays Basque nord
Les citoyens du Pays Basque nord sont les plus optimistes d’entre tous les Basques quant à une réussite rapide de la paix. Selon un sondage réalisé par la société Gizaker pour la radio-télévision publique EiTB, 22,2% de sondés au nord de la Bidassoa estiment que la paix arrivera dans les cinq prochaines années, contre 16,7% des Gipuzkoar qui sont convaincus d’atteindre la paix dans cette période. Par ailleurs, 12,8% des habitants du Gipuzkoa croient que la paix n’arrivera jamais, contre 7,8% de Labourdins, Bas-Navarrais et Souletins qui se disent aussi pessimistes. Cette étude a été réalisée du 6 au 10 mars sur un échantillon de 1 000 personnes. Elle montre une progression du pessimisme, puisqu’en novembre 2005, 27,5% des Basques estimaient que la paix arriverait dans les cinq prochaines années contre 18,7% aujourd’hui.
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