La succession en agriculture, une urgence
·L’Adasea et le syndicat Jeunes Agriculteurs ont créé le Point Info Transmission qui s’articule autour d’un numéro de téléphone unique
En Pays Basque et Béarn, près de 380 agriculteurs arrivent à la retraite en 2006. Dans les années à venir, ce chiffre s’élèvera à 450 ou 500 alors qu’il était inférieur à 300 jusqu’à aujourd’hui. Ce papy-boom ne serait pas outre mesure préoccupant si le nombre de fermes sans succession n’était pas lui aussi très important, en particulier sur les cantons de Garazi-Baigorri, Iholdy, Labastide-Clairence voire Hasparren. L’Adasea (association départementale qui s’occupe de l’installation en agriculture) et le syndicat Jeunes Agriculteurs, qui organisaient la Journée de la transmission jeudi à Guiche, viennent de mettre au point un nouveau dispositif dans l’objectif de trouver des solutions au problème. Le Point Info Transmission (PIT) se matérialisera autour d’un numéro de téléphone unique, le 05-59-30-61-77, où seront pris en charge les cédants et candidats à l’installation qui se déclareront.Mais un important travail de sensibilisation des agriculteurs proches de la retraite sera déterminant. En effet aujourd’hui, le fichier départemental de l’Adasea ne propose que 14 exploitations sans succession prêtes à être cédées à un jeune, face à 150 candidats détenteurs d’un projet d’installation. "Notre travail est de garnir ce fichier", a expliqué Henri Bies-Péré, le président de l’Adasea. "Le Point Info Transmission a pour objectif de réaliser une installation pour deux départs à la retraite, c’est un objectif ambitieux", a poursuivi Eric Mazain, président des Jeunes Agriculteurs. Le PIT va réaliser un travail de communication auprès des cédants car "la transmission à un jeune extérieur à la ferme nécessite un temps de préparation en amont". Une fois le contact établi entre cédant et futur repreneur, le Point info devrait aussi assurer l’accompagnement dans le parcours de transmission". Actuellement, l’Adasea suit par exemple l’installation de SylvainAimé chez Georges Guillemin, agriculteur d’Ayherre entrant en retraite. "Soit je devais libérer les terres qui auraient été un peu partout soit je trouvais un jeune qui reprendrait ma ferme", explique l’agriculteur. Il n’a pas eu grand-chose à faire puisqu’un jeune est venu spontanément le trouver. À l’issue d’un stage parrainage de six mois, le jeune homme pourrait concrétiser son projet d’élever brebis laitières, vaches à viande et porcs basques sur une partie des terres qu’exploitait Georges Guillemin (le reste, des terres communales, a servi à consolider l’installation de deux autres agriculteurs). À Guiche aussi, Delphine avait profité de la proposition d’une agricultrice lui cédant sa ferme pour s’installer en 2001. Aujourd’hui, elle a rejoint le Gaec de la Bidouze où, avec Didier, Jean-Paul et Olivier, elle élève des vaches laitières pour un quota de 850000 litres. Mais pour quelques cédants qui ont l’opportunité de trouver face à eux le candidat idéal, beaucoup, par dépit ou par manque d’aide, acceptent de démanteler ce qu’ils ont mis toute leur vie à construire.
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