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Le JPB > Sujet à la une 2006-03-14
Aucun ours ne sera réintroduit en Pays Basque ou en Béarn
·Nelly Olin a annoncé hier que les cinq nouveaux ours seraient lâchés en Hautes-Pyrénées et Haute-Garonne

Quatre communes des Pyrénées s'apprêtent d'ici à début juillet à accueillir cinq ours slovènes, quatre femelles et un mâle, qui viendront renforcer une population menacée de consanguinité et d'extinction si rien n'est fait.

Passant outre la colère de certains éleveurs sur place, la ministre de l'Ecologie, Nelly Olin, a présenté hier à Paris son plan de "renforcement" de l'ours brun dans la région, aux côtés des maires des quatre communes concernées de Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées, toutes volontaires pour accueillir les nouveaux venus dès la mi-avril.

Arbas (Haute-Garonne) recevra le premier individu, Bagnères de Bigorre (Hautes-Pyrénées) en accueillera deux, Burgalays et Bagnères-de-Luchon (toutes deux en Haute-Garonne) les deux derniers. Ils rejoindront les 14 à 18 ours actuellement présents selon les estimations officielles. Il s'agit de remplacer les trois ours morts par accident, après la disparition de Canelle, tuée en 2004 par un chasseur, Melba et Claude, décédés en 1997 et 1994. Pas d’ours donc en Soule, ni même en Béarn, où les détracteurs du plantigrade s’étaient fait entendre de façon active ces derniers mois.

Les dernières introductions d'ours slovènes dans les Pyrénées (la Slovénie a aussi fourni des ours à l'Autriche et à l'Italie) remontent à 1996-97 et "tous les oursons ont montré une parfaite capacité d'adaptation au milieu", a expliqué Philippe Sénégas, directeur de l'Environnement (Diren) de Midi-Pyrénées.

Les nouveaux-venus feront l'objet de la même attention: une évaluation sanitaire au départ de Slovénie et le suivi de leur adaptation, au moyen d'une balise et en mobilisant chasseurs, naturalistes, agents pour relever les traces de leur passage.

Leur capture et leur transfert, dans une cage et en camion, seront suivis par une équipe française composée d'un biologiste, d'un vétérinaire et de trois assistants. Les sites de "lâcher" seront sélectionnés pour garantir des refuges calmes et des tanières possibles dans un rayon de 2 ou 3 km.

En apportant du sang neuf, notamment des femelles actuellement déficitaires, "nous réduisons fortement les risques de consanguinité, l'une des principales menaces actuelles", a relevé Mme Olin.

Si le renforcement de la population ursine a ravivé la colère des éleveurs et de certains élus 350 personnes des six départements pyrénéens, ont manifesté contre vendredi à Toulouse , il satisfait les défenseurs de la diversité naturelle et les communes qui les reçoivent. Le maire d'Arbas, François Arcangelli, qui réfléchit déjà avec ses administrés au nom de baptême de "son" ours, a rappelé qu'une pétition lancée par sa commune avait reçu 125.000 signatures de soutien au renforcement de l'ours brun. Celui de Burgalays, Alain Ladeveze, a fait valoir que dès mars 2005, son conseil municipal s'était porté volontaire.

Les communes entendent ainsi affirmer "leurs valeurs et leur identité", a déclaré l'édile de Bagnères-de-Luchon, René Rettig. S'agissant d'une espèce protégée, les maires sont en outre déchargés, en cas d'accident ou de dégâts, des responsabilités qui leur incombent habituellement.

Maintenir durablement l’ours dans les Pyrénées nécessiterait plus que cinq nouveaux représentants, reconnaît le ministère qui entend cependant s'en tenir là pour le moment, après plus d'un an d'âpres négociations et de concertations avec les responsables locaux. Le prédécesseur de Mme Olin, Serge Lepeltier, avait évoqué en 2005 l'arrivée de quinze ours sur trois ans: "Cinq, c'est aujourd'hui un chiffre raisonnable et rassurant", a relevé l'actuelle ministre.

Le Fiep en veut aussi en Béarn

Une association de défense des plantigrades, Fiep Groupe Ours Pyrénées, a déploré hier qu'aucun lâcher d'ours ne soit programmé par le gouvernement en Béarn pour remplacer l'ourse Cannelle tuée par un chasseur en 2004.

Dans un communiqué, le Fiep "salue" cette décision qui "va dans le bon sens" et qui constitue une "première étape vers la restauration d'une population viable d'ours dans les Pyrénées". Mais pour ce qui est du Haut-Béarn "le compte n'y est pas", estime le Fiep car aucun lâcher n'est prévu dans cette zone montagneuse des Pyrénées-Atlantiques où Cannelle, dernière ourse de souche pyrénéenne, avait été abattue en 2004.


 
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