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Le JPB > Pays Basque 2006-03-14
Le PNV soutient la campagne de Batera pour un référendum sur la question institutionnelle
·La plate-forme souhaite rassembler avant l’automne 46 000 signatures pour organiser une consultation populaire

Le bureau du PNV, réuni hier matin à Bayonne, a décidé d’apporter son soutien à la campagne de signatures que la plate-forme Batera va démarrer au cours du mois d’avril en faveur de l’organisation d’un référendum sur la création d’un département Pays Basque, une campagne qui devrait être annoncée dans les prochains jours.

Cette démarche de Batera relève du vote des maires en faveur de la tenue d’un référendum sur la création d’une institution basque.Le résultat avait été rendu public en octobre 2005: 80% des maires se sont exprimés, dont 64% pour l’organisation d’une telle consultation populaire. La plate-forme Batera, qui célèbre le 8 avril prochain son assemblée générale à Espelette assemblée au cours de laquelle elle devrait annoncer l’initiative souhaite rassembler 46000 signatures en faveur de l’organisation du référendum.

25% du corps électoral basque

La législation prévoit un minimum de 10% du corps électoral de la circonscription comme condition pour l’organisation d’une consultation populaire, soit 46000 électeurs. Ce chiffre représente à peu près 25% du corps électoral du Pays Basque, a précisé Aitor Arandia. Selon lui, la campagne démarrera en avril et se développera jusqu’en septembre. La raison qui mène Batera à organiser cette campagne dans les prochains mois relève des rendez-vous électoraux (législatives, présidentielles et cantonales) prévus en 2007 et 2008 qui empêcheraient la tenue d’un tel référendum.

Selon Aitor Arandia, cette campagne nécessitera un "effort considérable" de la part de tous les partisans de l’institution basque, y compris des formations politiques. C’est dans cette logique que "le PNV a décidé d’apporter son soutien à cette mobilisation nouvelle", laquelle exigera par ailleurs "un effort financier" auquel participera la formation démocrate-chrétienne basque.

Le conseiller municipal bayonnais a expliqué l’appui du PNV à cette campagne de signatures dans la "logique historique" du parti. Aitor Arandia a évoqué dans ce sens le rôle catalyseur que son parti a joué, selon lui, dans la question départementale.

À l’origine de la revendication

"Le PNV a été à l’origine de la relance de la revendication" institutionnelle. "Ensuite, d’autres partis abertzale nous ont rejoints", a-t-il dit. Il a rappelé le rôle du PNVdans la mobilisation de 1999, ainsi que dans la création de la plate-forme Batera et dans l’organisation de la manifestation de 2003 en défense de la réalisation d’une institution spécifique, de la création de l’université de plein exercice, de la mise en place d’une Chambre d’agriculture basque et de la co-officialisation de l’euskara.



Udalbide, un outil de cohésion territoriale à l’avenir incertain
Peu avant la réunion du bureau du PNV au cours de laquelle le parti abertzale décidait d’apporter son soutien à la démarche de Batera, le président de la formation démocrate-chrétienne, Josu Jon Imaz, le responsable de la fédération du Pays Basque nord, Ramuntxo Camblong, et le conseiller municipal Aitor Arandia ont présenté le bilan des actions d’Udalbide, la fondation qui gère les fonds pour l’association d’élus Udalbiltza (PNV et EA).

Alors que pour le PNV cet outil jouit d’une bonne santé, Eusko Alkartasuna mène une réflexion interne sur l’avenir de l’association d’élus. Pour EA, Udalbiltza risque de devenir un simple "guichet pour octroyer des subventions" alors que cette association devrait se transformer en une "véritable institution" pour les sept provinces basques. Interrogé sur cette affaire, Josu Jon Imaz a dit "ne pas comprendre" l’attitude d’Eusko Alkartasuna.

"Alors qu’il y a à peine une semaine, lors de l’assemblée générale d’Udalbiltz à Durango, les élus d’EA ont approuvé le bilan, maintenant on nous dit que cette institution ne marche pas. C’est très curieux, car EA défendant la cohésion territoriale des sept provinces met en cause maintenant le seul outil de cohésion territoriale efficace entre Iparralde et Hegoalde [Pays Basque nord et sud]".

Josu Jon Imaz a dans ce sens refusé l’idée de "guichet à subventions". "Cela ne répond pas à la réalité. C’est très irresponsable de faire une telle affirmation, alors que par exemple la langue basque est en extrême difficulté en Iparralde et que la fondation Udalbide devient pour certaines associations une aide indispensable pour mener leurs projets en défense de l’euskara. Dans cette situation, on ne peut pas se permettre de sous-estimer cet outil".

Ramuntxo Camblong a pour sa part évoqué les aides financières octroyées en 2005 à diverses associations labourdines, bas-navarraises et souletines. Au total, 466 700 euros ont été distribués dans quatre volets : culture (24 700), économie (50 000), médias d’expression basque (76 000) et éducation (316 000).

Parmi les associations les plus aidées, Seaska (250 000 euros), la crèche de Ciboure (40 000), la radio Gure Irratia (56 000) ou la Laborantza Ganbara (45 000 euros).


 
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