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Le JPB > Culture 2006-02-11
Juan Soriano, l’un des derniers rebelles de l’art mexicain

Considéré comme l’un des plus grands créateurs du XXe siècle au Mexique, le peintre et sculpteur Juan Soriano, décédé hier à l’âge de 85 ans, a incarné la génération rebelle de la "Nouvelle

école mexicaine", née après la Révolution de 1910. Il avait connu la reconnaissance internationale dans les années 80.

Pont culturel entre le nouveau continent et l’Europe, il s’était vu décerner en juin dernier par l’Espagne le prestigieux Prix Velasquez. "Le petit grand secret, peut-être le seul, est dans la rébellion, le summum de l’artiste", avait-il alors affirmé. Partagé entre l’art populaire mexicain et les mouvements avant-gardistes comme le surréalisme, Juan Soriano, dont l’¦uvre a traversé tous les courants du XXe siècle, était connu, outre ses sculptures et peintures, pour ses scénographies, ainsi que ses dessins de costumes de théâtre et de bijoux.

Octavio Paz l’avait une fois défini comme un "gamin de mille ans et vieillard de 20 ans". Dans les premières de ses sept décennies de création, Soriano le versatile a été influencé par le muraliste Diego Rivera, Antonio Ruiz "El Corcito" et Pablo Picasso, avant de se forger son propre style, irréductible à aucun mouvement.

Juan Soriano, né à Guadalajara (ouest du Mexique) le 18 août 1920, a fait partie de la nouvelle vague culturelle mexicaine avec l’écrivain Octavio Paz ou l’architecte Luis Barragan. À l’âge de 12 ans, il rodait dans l’atelier de Jesus Reyes, où il a connu Luis Barragan. Deux ans plus tard, il participe à une exposition avec des tableaux de ses s¦urs Rosa et Martha. On lui conseille alors d’aller étudier à Mexico. La capitale mexicaine était alors le théâtre d’un bouillonnement culturel, entre fascination pour l’art préhispanique et les mouvements d’avant-garde qui agitaient l’Europe.

"Je sens que mon ¦uvre reflète ce que j’ai vécu, ma vie quotidienne, les gens avec qui j’ai eu la chance de vivre et non pas l’histoire de l’art", dira-t-il plus tard. Dans les années 1940 et 50, il se rend aux États-Unis et en Europe. Au début des années 60, il peint une série de portraits de son modèle préféré, Lupe Marin. Il s’est ensuite consacré à l’art abstrait, puis les visages ont repris leur place dans ses peintures et ses sculptures. "Avec le temps, ont réapparu, progressivement, les visages que je tentais de déguiser", avait-il déclaré. On voit encore dans les rues de Guadalajara ou de Mexico, des statues représentant des animaux gigantesques.

Dans les années 80, les distinctions le rattrapent et des expositions pour ses 50, 60 ans de création sont organisées à Mexico et dans divers pays.


 
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