George Clooney a volé la vedette au festival de Berlin avec Syriana
George Clooney a volé la vedette vendredi au festival de Berlin avec Syriana, un thriller envoûtant et corrosif sur les relations troubles entre milieux politiques et pétroliers dont la star américaine est la tête d’affiche. Bien qu’il ne soit pas en lice pour l’Ours d’or, Syriana, écrit et réalisé par Stephen Gaghan, Oscar du meilleur scénario pour Traffic, a éclipsé les deux films présentés vendredi en compétition : A soap de Pernille Fischer Christensen (Danemark) et Slumming de Michael Glawogger (Autriche). À cela deux raisons : la pléiade de stars qui figurent au générique de Syriana (outre George Clooney, Matt Damon, William Hurt, Christopher Plummer...) et le sujet explosif du film (pétrole et politique). George Clooney incarne Bob Barnes, un vétéran de la CIA en poste au Moyen-Orient qui se voit proposer une dernière mission : éliminer le prince Nasir, l’héritier réformiste et progressiste du trône d’un émirat arabe.
Au grand dam des États-Unis, le prince Nasir a en effet décidé d’accorder les droits de forage de gaz naturel à une société chinoise au détriment du géant texan Connex Oil. Parallèlement, à Washington, Connex fait l’objet d’une enquête du ministère de la Justice, que Bennett Holiday (Jeffrey Wright), un ambitieux avocat, est chargé d’enterrer. "Nous ne cherchons pas à faire la leçon à quiconque et ne prétendons pas imposer une vérité", se défend George Clooney. "Mon travail est de poser des questions, pas de fournir les réponses", a-t-il souligné. Un bon film peut initier un débat, en l’occurrence une discussion sur la dépendance du monde à l’égard du pétrole, mais aussi sur la corruption, l’efficacité de la CIA...", a estimé Clooney, qui a indiqué qu’il conduisait lui-même une voiture entièrement électrique. Loin des frasques politico-pétrolières, le seul film scandinave en compétition cette année, A Soap de la réalisatrice danoise Pernille Fischer Christensen raconte l’histoire d’amour troublée de Charlotte, 32 ans, incarnée par Trine Dyrholm, et de son voisin, un travesti prostitué, incarné par David Dencik et qui rêve d’une opération pour devenir femme. "Un jour j’ai rencontré un homme qui était transsexuel et dont je n’arrivais pas à définir l’identité sexuelle. Et je voulais analyser l’expérience de cette rencontre tout en racontant une histoire d’amour", a expliqué la réalisatrice de 36 ans qui signe son deuxième long métrage, clin d’¦il aux "soap operas", les feuilletons américains.
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