Filipe ARAMENDI / Vice-président de Seaska
Ii y a des municipalités qui font preuve de bonne volonté
Des bâtiments neufs, des effectifs en hausse, c’est un signe de la bonne santé de Seaska?
C’est sûr. Les effectifs augmentent d’une part. D’autre part, certains de nos établissements avaient des locaux en très mauvais état et les conditions d’enseignement n’y étaient plus remplies. Ces deux éléments ont contribué à la politique de construction que nous menons actuellement.
Vos locaux ne sont pas toujours très attirants pourtant vous comptez de plus en plus d’élèves. Comment expliquez-vous ce succès?
Seaska a toujours eu pour objectif d’ouvrir des ikastola dans le maximum de communes car il nous semble que c’est indispensable dans la politique de récupération de l’euskara. Il nous semble que les systèmes bilingues actuels ne remplissent pas cet objectif. Pour maîtriser la langue, la méthode immersive est pour nous celle qui offre les meilleures chances à l’enfant. D’où la nécessité d’avoir le plus d’écoles possible et de disposer aussi d’un enseignement de second degré pour prolonger cette offre.
Ces nouvelles constructions suppose des coûts financiers élevés. Comment les assumez-vous?
Comme pour tous nos besoins, nous sollicitons l’aide des parents qui organisent des campagnes, des animations, etc. Si jusqu’à présent, c’était la seule méthode adoptée, avec le recours aux emprunts, nous avons décidé ces dernières années de coordonner l’action en faveur des locaux. L’association Egoitzak est née pour cela. Désormais, elle discute avec les mairies pour voir quelles sont les entraides possibles, sachant que la loi interdit aux mairies et aux collectivités d’aider les investissements immobiliers des ikastola. On cherche donc à avoir des facilités dans des locaux qui ne seraient pas des écoles, afin d’alléger le poids qui pèse sur les épaules des parents.
Ne sentez-vous pas un changement d’attitude des municipalités qui tentent de trouver des solutions pour faire face à la loi?
Il y a des municipalités qui font preuve de bonne volonté en effet et qui essaient de trouver des solutions dans cette voie. On peut évoquer Saint-Palais, Cambo, Ustaritz aujourd’hui. En menant les projets en concertation, nous avons trouvé des solutions. En revanche, il y a encore beaucoup de mairies qui ne veulent rien entendre. C’est là que nous devons concentrer nos efforts maintenant, en faisant comprendre que l’ikastola est aussi une chance pour une commune, dans le sens de la récupération de la langue basque. Bien des élus discourent en faveur de la défense de l’euskara qu’il faut sauver. Là, il ont une façon de concrétiser leurs dires, en montant des projets pour la pérennité de nos ikastola.
La loi Falloux reste un obstacle...
Evidemment, c’est toujours un prétexte mais des communes se sont rendues compte que nos ikastola peuvent remplir un rôle important sur leur territoire et commencent à trouver des biais à cette loi.
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