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Le JPB > Pays Basque 2006-01-21
De Tahiti à Barakaldo en passant par Bayonne
·Le ministre de la Mer et le vice-président du Tuvini, le parti indépendantiste du président de la Polynésie française Oscar Temaru, sont en Pays Basque ces jours-ci afin d’apporter leur soutien au parti Batasuna


Appels pour Barakaldo

Une trentaine de délégations internationales seront présentes à Barakaldo aujourd'hui. Si le congrès de Batasuna a été interdit et le palais du BEC fermé, plusieurs appels à manifester ont été lancés. Une plateforme pour la défense des droits civiques et politiques appelle à un rassemblement devant le BEC à 17 heures, appel auquel se sont joints plusieurs partis politiques et mouvements.

Officiellement, Batasuna, bras politique d'ETA, n'annule pas son meeting mais prend acte du fait que, "sauf miracle", la police basque interdira à ses militants l'accès au Bilbao Exhibition Centre (BEC) où la réunion devait se tenir, précise-t-on au siège de Batasuna à Bayonne. Batasuna indique que désormais c'est un "groupe de citoyens" qui appelle à un rassemblement devant le BEC. En Pays Basque nord, Abertzaleen Batasuna appelle à être présent afin de dénoncer "l'attitude de fermeture et d'autisme de l'Etat Espagnol" et en défense des droits les plus élémentaires. EA Iparralde lance un SOS aux institutions européennes afin que le droit au rassemblement soit respecté à Barakaldo, souhaitant "un rassemblement unitaire de protestation énergique". Askatasuna appelle également à être présent cette après-midi. Anaram au Patac s'est également joint à ces appels.


Une délégation du gouvernement et du parti indépendantiste Tuvini Huiraatira est en Pays Basque ces jours-ci, afin de suivre au plus près l’actualité politique en Pays Basque, et ainsi soutenir le parti indépendantiste Batasuna, lors de son congrès prévu aujourd’hui à Barakaldo. Sur la route qui mène de l’aéroport de Biarritz à Barakaldo, le ministre de la Mer du Gouvernement de la Polynésie Française Keitapu Maamaatuaiahutapu, le vice-président du parti indépendantiste Vito Maamaa et un cadre du parti ont fait halte à Bayonne, afin de rendre compte de la nouvelle situation créée en Polynésie, par l’accession au pouvoir de la coalition indépendantiste-autonomiste au printemps dernier. Coalition menée par le parti indépendantiste Tuvini, que le président Temaru a fondé en 1973. Après 20 ans d’un pouvoir exercé sans partage par le dirigeant de droite Gaston Flosse (UMP), l’indépendantiste Oscar Temaru est devenu président de la Polynésie.

Victimes de leur succès

Sur ce territoire comportant 118 îles et 250 000 habitants, à 18000 kilomètres de Paris, la vie politique ne s’est pas construite sur une opposition de secteurs sociaux, d’une droite et d’une gauche, mais, essentiellement, et pour toutes les formations politiques, sur le positionnement vis-à-vis de la présence française. Elle s’est donc partagée entre autonomistes et indépendantistes.

"Pendant 30 ans, les indépendantistes se sont interrogés sur la politique à suivre. Soit rester dans l’opposition, soit accéder au gouvernement territorial installé par Paris" explique le vice-président du parti. Jusqu’en 2004, c’est la première des solutions qui l’a emporté, puisque les indépendantistes ont toujours estimé qu’accéder au gouvernement territorial tendait à légitimer des institutions que "la France nous avait imposées par la colonisation".

Cette année-là, un nouveau statut régi par la loi organique du 27 février 2004, adopté par une quinzaine de députés par une procédure d’urgence à l’Assemblée nationale a consacré le territoire comme un "pays d’outre-mer" se gouvernant "librement et démocratiquement". Un statut rédigé pour Gaston Flosse par ses amis chiraquiens, pour qu’il continue à contrôler tous les rouages de la société polynésienne par un système de clientélisme qui atteint des sommets.

Après la promulgation de la nouvelle loi, Gaston Flosse obtint du Président de la République la dissolution de l’Assemblée de la Polynésie française. À sa grande surprise, il perdit les élections du 23 mai 2004, pour quelques centaines de voix, au profit de la coalition entre indépendantistes et autonomistes menée par Oscar Temaru.

M. Flosse reviendra au pouvoir en déposant une motion de censure, le 9 octobre, après avoir "convaincu" un membre de l’Union pour la démocratie (UPLD) de rejoindre son camp. Toutefois, le Conseil d’Etat annulant les élections des îles du Vent, principales îles de la Polynésie (37 sièges sur les 57 de l’Assemblée), Gaston Flosse perd à nouveau les élections du 13 février 2005 avec, cette fois, un écart de plus de 6 000 voix. Une défaite sans appel qui préfigure l’élection de M. Temaru au poste de président, à la majorité absolue de l’Assemblée territoriale, le 3 mars dernier.

Le statut s’inspire des principes de la décentralisation de la loi du 2 mars 1982, il se caractérise surtout par la nature des institutions territoriales, qui se rapprochent singulièrement des organes d’un Etat. À cela s’ajoutent les symboles politiques tels que le drapeau, l’hymne territorial et les termes à forte charge symbolique comme "lois du pays", "président de la Polynésie française" ou "pays d’outre-mer" qui devient, en réalité, "pays" qui "se gouverne librement et démocratiquement". Mais pour le ministre Keitapu Maamaatuaiahutapu, en dehors des textes "rien n’a changé". La présidence d’Oscar Temaru étant conditionnée par deux voix d’élus autonomistes qui ont intégré leur coalition, la revendication d’indépendance est repoussée pour l’instant. C’est ainsi qu’Oscar Temaru affirmera le 3 mars 2005, lors de sa réélection comme président de la Polynésie française : "L’indépendance n’est pas à l’ordre du jour". Paradoxalement, l’arrivée au pouvoir des indépendantistes, dans une coalition gouvernementale qui comprend aussi des autonomistes, permettra sans doute à la France d’éviter des "ruptures brutales".

Si cette alternance a permis, aux yeux de Paris, que ceux qui refusaient hier les institutions de l’autonomie rentrent dans le rang en acceptant de gouverner une autonomie française, le parti indépendantiste a également tiré ses bénéfices. Le ministre souligne que "le mouvement qui était seulement perçu comme contestataire par une grande partie de la population est aujourd’hui crédible, et a fait ses preuves comme alternative au clientélisme et à la corruption qui régnaient jusque-là". "Un bon nombre de personnes qui jusque-là n’osaient pas dire qu’ils étaient indépendantistes ont pu le faire" souligne Vito Maamaa, estimant qu’il s’agit là d’une étape nécessaire pour "mettre dehors Gaston Flosse". Mais une étape qui en demandera de nouvelles.

Une trentaine de délégations internationales seront présentes à Barakaldo aujourd’hui. Si le congrès de Batasuna a été interdit et le palais du BEC fermé, plusieurs appels à manifester ont été lancés. Une plateforme pour la défense des droits civiques et politiques appelle à un rassemblement devant le BEC à 17 heures, appel auquel se sont joints plusieurs partis politiques et mouvements.

Officiellement, Batasuna, bras politique d'ETA, n'annule pas son meeting mais prend acte du fait que, "sauf miracle", la police basque interdira à ses militants l'accès au Bilbao Exhibition Centre (BEC) où la réunion devait se tenir, précise-t-on au siège de Batasuna à Bayonne. Batasuna indique que désormais c'est un "groupe de citoyens" qui appelle à un rassemblement devant le BEC. En Pays Basque nord, Abertzaleen Batasuna appelle à être présent afin de dénoncer "l’attitude de fermeture et d’autisme de l’Etat Espagnol" et en défense des droits les plus élémentaires. EA Iparralde lance un SOS aux institutions européennes afin que le droit au rassemblement soit respecté à Barakaldo, souhaitant "un rassemblement unitaire de protestation énergique". Askatasuna appelle également à être présent cette après-midi. Anaram au Patac s’est également joint à ces appels.


 
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