Elle semble faire l’unanimité. La fromagerie artisanale créée par 17 éleveurs de Soule, et entrée en fonctionnement il y a moins d’un mois, a reçu hier les éloges de tous les élus et collectivités locales présents à Musculdy à l’occasion de la visite des locaux. Azkorria est née de la volonté de producteurs de lait de brebis de prendre en main leur production jusqu’à la vente du produit final. "Nous voulons être maîtres de ce qui sort de nos exploitations, de façon collective et dans le sens d’un produit de qualité", a expliqué Peio Elgoyhen, l’un des 17 producteurs de la coopérative souletine. Tous vendaient auparavant leur lait à une entreprise laitière mais en ayant l’impression que cette dépendance pourrait un jour être un risque pour eux.
"Notre choix impose des sacrifices, au moins au début, au niveau humain et financier, mais c’est indispensable à la survie de l’agriculture de montagne", a commenté Peio Elgoyhen.
Ainsi, les éleveurs s’appliquent un cahier des charges restrictif sur leur mode de production. Le même que celui de l’AOCOssau-Iraty avec des clauses plus rigoureuses comme l’interdiction déjà effective de l’ensilage par exemple. "Ce n’est pas toujours évident mais c’est faisable et nous y sommes tous arrivés", ont indiqué les producteurs.
Azkorria a commencé à fonctionner le 3 janvier. 380000 litres de lait devraient être transformés chaque année pour donner 60 tonnes de fromage. 15% seront commercialisés depuis la fromagerie elle-même, 60% via des grossistes et 25% en circuit court (supermarchés locaux).
La création de la fromagerie a nécessité un investissement de 1,113 million d’euros. Les éleveurs ont contribué à la constitution du capital à hauteur de 129000 €. Ils concéderont également 0,05 € par litre de lait produit sur trois ans pour augmenter ce capital social. La société à capital-risque Herrikoa et son homologue public de la Communauté Autonome Basque Mendikoi entrent aussi dans le capital d’Azkorria pour respectivement 70000 et 54000 €. Enfin, la coopérative a bénéficié de subventions du Feoga (169000 €), du Conseil général (117000 €), du Conseil régional (44000 €) et du Syndicat des Eaux de Soule (1500 €). La région a également consenti une avance remboursable de 230000 €.
Un maître fromager et une aide fromagère sont actuellement salariés de la coopérative. Une assistance commerciale devrait les rejoindre en février. Mais cet effectif étant insuffisant, les 17 producteurs se relaient quotidiennement pour faire face aux besoins de l’entreprise. "Cela demande en effet beaucoup de travail, nous savons que nous ne récolterons les premiers fruits que dans trois ou quatre ans", a indiqué Peio Elgoyhen.