La ministre des transports du Gouvernement Basque, Nuria Lopez de Gereñu, estime que les infrastructures de transports doivent constituer "la colonne vertébrale" du Pays Basque. La ministre a parié lors d’un point presse à Bayonne sur la "complémentarité des infrastructures en Pays Basque".Chacune des infrastructures existantes a sa propre spécificité selon N. Lopez de Gereñu, aussi bien au niveau des aéroports que des ports, elle a donc souhaité la mise en place de coopérations.
Pour ce qui est de l’invitation à adhérer au syndicat mixte de l’aéroport de Biarritz lancée par Didier Borotra, le Gouvernement autonome entend bien donner une réponse à cette demande, mais auparavant la ministre souhaite mettre en place une société de promotion pour l’aéroport d’Hondarribia afin que cet aéroport soit sur un même pied d’égalité que les aéroports voisins.
Pour le port de Pasaia, un syndicat regroupant les principales institutions a été créé au mois de juin dernier et devrait livrer ses conclusions dans les prochains mois sur la création d’un port extérieur ainsi que sur le rattachement de celui-ci aux réseaux transeuropéens. Néanmoins, elle a estimé que l’exemple du Port extérieur de Bilbao encourage les différents partenaires afin de réaliser cette infrastructure "nécessaire au développement de la région".
En ce qui concerne la Transnavarraise voulue par le Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques et la Navarre, Nuria Lopez de Gereñu a indiqué qu’une infrastructure de cette importance ne pouvait se faire "contre la volonté des populations du territoire concerné". Pour sa part, Ramuntxo Camblong, président du Parti National Basque en Pays Basque nord a rappelé qu’ils sont opposés à une 2x2 voies.
Coup de pouce au TGV
Nuria Lopez de Gereñu en a profité pour donner un coup de pouce au projet de Ligne à Grande Vitesse Sud Europe Atlantique, entre Bordeaux et Hendaye, que leurs homologues Aquitains réclament (voir encadré). Sans rentrer dans le débat sur les voies à utiliser, "ce sera aux techniciens de trancher", elle a rappelé que l’Y basque sera fin prêt pour 2010, et qu’il lui faudra des liaisons vers la Méditérannée, vers le Portugal et vers le nord de l’Europe, via Bordeaux.Pour le Gouvernement Basque, l’Y basque devra être une infrastructure "moderne, respectueuse de l’environnement et des habitants", qui permettra le transport des passagers et des voyageurs. Elle a ainsi indiqué que le train était aujourd’hui le moyen le plus écologique de se déplacer, au même titre que la voie maritime, tous deux prioritaires face au développement du tout route.
"L’Y Basque aura une vitesse maximale de 230 km/heure sans aller à plus de 300km/heure" a-t-elle assuré, afin de relier les trois capitales de la Communauté Autonome Basque.
Par ailleurs, elle a rappelé que le Gouvernement Basque restait ouvert à toute autre proposition de liaison avec le Pays Basque nord, répondant ainsi au souhait de la Communauté d’Agglomération du BAB afin de mettre en place une ligne régulière et cadencée au sein de la conurbation Bayonne-Saint Sébastien.
Bordeaux et Toulouse s’affrontent
Les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées sont divisées sur l'opportunité d'une ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse, selon le bilan du débat public organisé en 2005 sur ce projet, rendu public hier par la Commission nationale du débat public (CNDP). "Sur l'opportunité de la LGV Bordeaux-Toulouse, il y a deux réponses rigoureusement opposées qui correspondent à deux zones géographiques distinctes", a reconnu le président de la CNDP, Yves Mansillon. D'un côté, le conseil régional d'Aquitaine et le conseil général de la Gironde ont affirmé, que leur "seule priorité" était la liaison Bordeaux-Hendaye, et non la liaison Bordeaux-Toulouse. Les mêmes institutions ont affirmé que "l'état des finances publiques ne permettra pas de réaliser deux LGV, donc il ne faut pas faire Bordeaux-Toulouse si l'on veut avoir une chance d'obtenir Bordeaux-Espagne". Dans tout le reste de la zone, "depuis le Lot-et-Garonne jusqu'à Toulouse et au-delà, c'est l'affirmation de la nécessité de la LGV Bordeaux-Toulouse et la demande qu'elle soit réalisée très rapidement qui se sont exprimées". Sans vouloir trancher dans le débat entre les deux projets de LGV, le président de la CNDP a rappelé que le maître d'ouvrage, Réseau Ferré de France (RFF), devra désormais, comme le prévoit la loi, rendre sa décision sur la poursuite ou non du projet Bordeaux-Toulouse dans les trois mois, soit au plus tard le 18 avril 2006, donc avant le débat public sur la liaison Bordeaux-Hendaye.
Le président de la CNDP a cependant estimé que, "les deux débats devant se succéder dans le temps, il convient que la décision prise sur le premier projet n'apparaisse pas comme anticipant sur le champ ou le contenu du débat sur le deuxième projet".