Euskal Konfederazioa propose les bases d´une politique linguistique
·Fixer des objectifs et des échéances est indispensable estime la confédération ¦uvrant pour l’euskara
Au premier janvier prochain, l’Office Public de la langue basque soufflera sa première bougie. À ce jour, l’institution qui regroupe l’Etat, le Conseil Général, le Conseil Régional, le syndicat intercommunal de soutien à la culture basque et le Conseil des Elus du Pays Basque a rempli deux missions. La première, celle de coordonner les aides aux associations ¦uvrant en langue basque ; et la deuxième, celle de proposer une programmation pluriannuelle pour l’enseignement en basque et du basque.En troisième lieu, l’Office Public présentera un programme afin de promouvoir l’utilisation de la langue basque dans le domaine public. Parallèlement, l’institution présidée par Max Brisson devra présenter au printemps un nouveau schéma de politique linguistique, qui viendra compléter le projet de territoire Pays Basque 2020 qui doit être fini avant l’été, afin d’engager les négociations pour un futur contrat de plan Etat-Région 2007-2012. Euskal Konfederazioa, confédération regroupant les mouvements populaires et associations travaillant pour la langue basque en Pays Basque nord, a présenté hier les bases d’une "vraie politique linguistique" en Pays Basque nord. Le président Mixel Etxeberri, Jakes Bortayrou (Aek), Sylvie Chenal (UEU) et Mme Etcheleku (Euskal Irratiak) ont fait part des propositions d’Euskal Konfederazioa afin de définir une politique linguistique publique pour la réappropriation de la langue basque. C’est dans un souci "d’efficacité" de la politique linguistique menée par l’Office Public de la Langue basque que ces propositions ont été réalisées, "avec une volonté d’apporter des opinions, des expertises, des critiques et notre soutien, afin d’élaborer la meilleure politique linguistique possible" a expliqué Jakes Bortayrou. Pour Euskal Konfederazioa, la politique linguistique publique est du ressort de la puissance publique, mais la responsabilité de cette politique incombe à toutes les collectivités depuis l’Etat jusqu’aux communes. "Les institutions ne peuvent se décharger de cette responsabilité sur l’Office public" estime Jakes Bortayrou, souhaitant pour la langue une politique "transversale", afin qu’elle ne soit pas considérée comme un "sous-chapitre de la culture". Euskal Konfederazioa insiste également sur le fait que la politique linguistique efficace nécessite la définition "d’objectifs, de délais, et de systèmes précis d’évaluations ". S’il est important de définir rapidement des actions sectorielles, comme dans l’enseignement, " il faut débattre sans tarder et se mettre d’accord sur les objectifs de la politique linguistique à mettre en ¦uvre" souligne Mixel Etxeberri. Pour Euskal Konfederazioa, les objectifs doivent être "de stopper le recul de la langue, garantir les droits linguistiques aux bascophones, offrir la possibilité de vivre en basque pour ceux qui les souhaitent et redonner à la langue ses fonctions de communication normale sans que cela ne crée pour personne de discrimination d’aucun ordre". Afin d’atteindre ces objectifs, un statut officiel et une planification définissant les actions à mener doivent être définis, d’après Euskal Konfederazioa, ainsi qu’"un budget à la hauteur des enjeux", estimant que le budget de l’Office reste très limité. Enfin, Euskal Konfederazioa souhaite une certaine cohérence, au vu de l’attitude de la SNCF, de l’Education nationale ou des déclarations de représentants du ministère public à Paris. Planification
Euskal Konfederazioa suggère la planification de la politique linguistique en trois chapitres : la création des locuteurs bascophones, promouvoir l’utilisation sociale et promouvoir l’adhésion de la société. Ainsi plusieurs orientations, axes de travail et des systèmes d’évaluations sont proposés afin de développer ces trois chapitres. Pour Euskal Konfederazioa, le système éducatif, n’est qu’une des lignes d’action qui concernent le chapitre de la création des locuteurs bascophones. Ainsi, la proposition pluriannuelle présentée par l’Office présente plusieurs lacunes d’après la confédération. Tout d’abord, pour une politique efficace, Euskal Konfederazioa suggère une offre systématique aux parents afin qu’ils puissent scolariser leurs enfants en euskara, s’ils le désirent. Attendre des parents qu’ils s’organisent pour demander des cours en basque à la veille de scolariser leurs enfants dans une école, alors qu’ils ne se connaissent même pas, n’a pas de sens pour Mixel Etxeberri qui, au contraire, suggère que l’offre prenne les devants. En deuxième lieu, Euskal Konfederazioa estime que pour une politique efficace, il est indispensable de fixer des objectifs, ce que l’office n’a pas fait en matière d’enseignement. La confédération propose donc que de 33 % d’enfants scolarisés en langue basque en 2005, l’on arrive à 66 % en 2010 et à 100 % en 2015. Dans le primaire, des 25 % actuels, l’on passerait à 33 % en 2010, 66 % en 2015 et 100 % en 2020. Dans les collèges, les 20 % actuels deviendraient 25 % en 2010, 33 % en 2015, 66 % en 2020 et 100 % en 2025. Enfin, et dans une logique de pyramide, dans les lycées, les 10 % actuels passeraient à 20 % en 2010, 25 % en 2015, 33 % en 2020 et 66 % en 2025. Pour 2030, 100 % des enfants pourraient suivre leur scolarité en langue basque.
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