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Ouverture d'un cinquième Restaurant du coeur au Pays Basque
·Le Pays Basque ouvre une nouvelle antenne en Amikuze pour "dépanner en hiver" des familles toujours plus nombreuses
Saint-Palais ouvre jeudi une antenne de la célèbre association qui assure la distribution de colis alimentairesPlus de 400 familles du Pays Basque ont eu recours aux Restaurants du coeur, un chiffre en nette augmentationLes antennes de St-Jean-de-Luz et Anglet débutent ce service bénévole et gratuit aujourd'hui, Ayherre, Garazi et Amikuze jeudi
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Aujourd’hui à Anglet et Saint-Jean-de-Luz, jeudi à Saint-Jean-Pied-de-Port, à Ayherre, et désormais également à Saint-Palais. Le Pays Basque dispose d’une cinquième antenne des Restaurants du c¦ur qui démarre cette semaine pour offrir gratuitement des colis alimentaires, jusqu’au printemps. Une croissance qui n’est pas forcément une bonne nouvelle.Le Restaurant du coeur d’Amikuze est logé au 32 rue de la Bidouze, dans un local prêté gracieusement par la municipalité. Sa livraison en denrées par le camion venu de Pau lui-même en provenance de Paris débute ce matin, pour une ouverture jeudi matin de 9h à 11h30. L’idée a été lancée au printemps dernier "pour soulager le Restau du c¦ur de Garazi qui accueillait une trentaine de familles d’Amikuze" explique Mayi Detchart, responsable de la structure de Saint-Palais qui compte 35 bénévoles "on a dû en refuser". "Jusqu’à présent on a eu 16 inscriptions" poursuit-elle, mais s’attend à un rush le jour de l’ouverture. Comme le craignent les autres antennes du Pays Basque. Ni les structures, ni les chiffres ne sont à la baisse. Sauf à Garazi, qui comme son homologue bas-navarrais ouvrira tous les jeudis à partir du 8 décembre. Jean-Pierre Uhalde d’Ascarat indique que jusqu’alors, ce sont 70 familles (environ 180 personnes) qui bénéficient des colis du Restaurant du c¦ur, dans les locaux de l’ancienne laiterie Pyrénéfrom. Celles d’Amikuze n’auront plus à se déplacer jusque-là pour sa dixième année d’existence. J.-P. Duhalde, l’un des 30 bénévoles garaztar confie avoir "beaucoup de plaisir à faire ça, car beaucoup sont isolés, et ça permet de les réchauffer un peu". Les bénéficiaires sont "en majorité des jeunes, des jeunes mamans, et il y a même des retraités!" comme les bénévoles.
Fiches et barèmes
N’est pas bénéficiaire qui veut. Malgré le souhait initial de Coluche. Les familles doivent remplir une fiche, et suivant nombre de critères, un barème est établi en fonction duquel elle aura droit, ou non, au colis hebdomadaire. "On veut éviter les abus" justifie Bernard Legleye, responsable de l’antenne d’Ayherre qui existe depuis 7 ans. Il rappelle que l’objectif est "d’aider les gens en hiver, ce n’est pas de l’assistanat mais du dépannage, d’ailleurs, les bénéficiaires viennent durant deux ans, et après on ne les voit plus". Dans le pays d’Hasparren 55 familles sont concernées. "Il y a eu une augmentation très forte, l’an dernier nous avons connu une hausse des demandes de 24%" en Béarn et en Pays Basque. Le Restau du c¦ur ouvre ses portes jeudi après-midi à la Maison pour tous mis à disposition par la municipalité, ainsi que des préfabriqués à l’arrière pour le stockage des denrées.
"Il y a la pente"
Une augmentation du nombre de familles dans le besoin, perceptible avant même l’ouverture, relate Christophe Guillaume, responsable de la structure d’Anglet, la doyenne du Pays Basque avec ses 15 ans d’existence. "Cette année ça part plus fort; en pré-inscription nous avons déjà dépassé le nombre de familles bénéficiaires en une semaine." C’est dire si cet après-midi "ça va se bousculer", la plupart des demandeurs se faisant connaître le jour de l’ouverture. Les permanences sont bihebdomadaire (le mardi et le vendredi). Ici aussi les descriptions des familles sont similaires: "depuis deux ou trois ans nous voyons des personnes qui travaillent (à mi-temps ou avec des petits salaires) venir, beaucoup de personnes seules, qui touchent le RMI, des femmes seules, des personnes âgées avec de petites pensions". Et encore, le bénévole est "persuadé que beaucoup de gens dans le besoin ne viennent pas". "Il faut un certain courage pour venir, certains, par honte, n’osent pas venir." Sur l’agglomération bayonnaise, ce sont 210 familles460 personnes qui viennent se fournir au Restau du c¦ur, rue Jouanetote à Anglet, animé par une quarantaine de bénévoles.A Saint-Jean-de-Luz également ce sont deux permanences hebdomadaires qui sont tenues, les mardis et vendredis. Mais ici la continuité du service est assurée. Été comme hiver. Soit 50 familles l’été, et plus de 100 familles l’an dernier, décrit Jeanine Zarra responsable du Restau du 16 avenue Larréguy. Un nombre en forte hausse l’an dernier "car l’hiver a traîné longuement, ce qui veut dire augmentation des factures de chauffage, un accroissement des endettements,...". Une augmentation des situations de misère perçue ainsi: "ça fait quatre que l’on sent qu’il y a la pente". Demain [aujourd’hui, ndlr], je suis sûre qu’il y aura la queue". Outre les denrées venues de Pau, les Restaurants du c¦ur locaux assurent leur propre collecte dans les supermarchés. Ce qui permet d’assurer des distributions, au-delà du 31 mars. Pour Christian Guillaume, " c’est dommage que ça dure depuis plus de 20 ans."
80 t de denrées alimentaires collectées
Ce n’est pas pour les Restaurants du c¦ur ces derniers organisent leurs propres collectes de denrées alimentaires et sont fournis par leur structure hexagonale. Les 80 tonnes de denrées alimentaires ont été recueillies les 25 et 26 novembre derniers dans les supermarchés du Pays Basque au profit de la Banque alimentaire. Cette dernière redistribue ensuite ces aliments aux associations (comme celles réunies au sein du Collectif pour l’hébergement d’urgence) ou/et aux organismes publics (CCAS,...). Le président de la Banque alimentaire de Bayonne Pays Basque souligne "la générosité de la population" ainsi que "la variété et la grande qualité" des denrées recueillies. Jean-Marc Auberger précise que "les denrées les plus festives seront distribuées avant Noël aux associations caritatives et humanitaires locales pour être données aux familles en difficulté". Et de donner rendez-vous les 24 et 15 novembre 2006.
Manifester, ou pas, pour l’hébergement d’urgence
Le collectif des six associations qui assurent l’hébergement d’urgence supplémentaire pour les sans-abris du 15 décembre au 15 mars devait décider hier soir du devenir du rassemblement programmé le 14 décembre devant la sous-préfecture de Bayonne. La Table du soir, le Point accueil jour, Emmaüs, le Secours catholique, le CHRS Atherbea et la Croix-Rouge ont lancé un appel à manifester suite à une baisse de 30% de la subvention de la DDASS pour ce dispositif hivernal. Le directeur de cette dernière a assuré par fax vendredi que les 15 000 euros manquants seraient abondés. Mieux, la sous-préfecture a annoncé hier que "les paiements interviennent dans de meilleures conditions que par e passé". La convention a donc été signée hier par le Collectif, et la DDASS. Ayant eu gain de cause, le collectif doit décider de la suite donner au rassemblement de protestation initialement prévu. Des bénévoles de ces associations font remarquer que "le problème du financement se repose chaque année", et revendiquent une solution pérenne.
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