La parole pleine pour Le temps qui reste
Vendredi 2 décembre, lendemain de la journée mondiale contre le sida et pleine période du Téléthon, l’association Aides s’est réunie autour du film Le temps qui reste au cinéma Le Royal à Biarritz. Peu de public, et c’est bien regrettable, a assisté à cette soirée où la souffrance due à l’appréhension d’une mort annoncée, la gestion personnelle de ce bouleversement, ont trouvé un espace de libre parole et ont pu être traitées avec sobriété, en prenant pour support la réalisation de François Ozon.Cette fiction, qui épouse la forme du documentaire, est celle d’un homme, Romain, trente ans, apprenant brutalement qu’il est atteint d’un cancer généralisé et que son issue inéluctable est la mort. Ni espoir, ni artifices mélodramatiques ne viennent perturber le propos du réalisateur qui centre toute son attention sur le parcours intérieur, physique de Romain face au deuil de lui-même et sa difficulté à introduire la mort dans la vérité de son entourage. Plusieurs phases sont abordées, le déni, la colère d’être contraint à se séparer de soi et de ce que l’on veut pour soi, jusqu’à l’acceptation de cette rupture avec "l’image idéalisée de soi-même" explique une intervenante de Aides. "C’est l’expérience de l’altération de soi, on se sent coupable de ne plus être conforme à son idéal et cela peut provoquer des réactions paranoïaques, agressives. Mais dans cette déchirure existe une trouvaille, une autre image de soi, bien réelle, le lieu de la permanence de l’identité entre la vie et la mort". Les réactions du public sont mitigées face à ce sujet sensible, face au film lui-même, et témoignent bien là de la subjectivité de son approche. Une intervenante exprime la difficulté de communiquer la souffrance de façon "ni trop particulière, ni trop générale dans un monde ou l’horreur est banalisée et se zappe". Comment réagir face au mal d’autrui lorsque l’on ne peut apporter de solution à ce mal?" Il faut "ne serait-ce que le temps d’une écoute" poursuit l’intervenante, "dans laquelle on trouve un équilibre entre intériorité et extériorité". La vérité peut alors être admise dans ce qu’elle appellera "la parole pleine". L’association Aides, dont une des antennes est implantée à Bayonne, a pour but de soutenir et d’accompagner les personnes atteintes du VIH, ainsi que leur entourage. Elle organise des programmes d’échange de seringues destinés aux personnes toxicomanes et complète son action par des interventions de prévention sur le VIH et les hépatites, en jumelage avec l’association Alavi au Burkina Faso. Elle milite quotidiennement pour la reconnaissance de la souffrance des personnes malades et contre la banalisation de la maladie.
Aides : Tél.05 59 55 41 10.
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