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Le JPB > Culture 2005-11-08
Cure d’Europe pour futurs producteurs audiovisuels à l’Atelier Masterclass
·Les IVe Rencontres internationales des écoles de cinéma ont reçu à Donostia de futurs producteurs de l’Union Européenne

"La coproduction est l’avenir du cinéma européen" assure Marta Ravani, une Italienne polyglotte qui sort de l’Atelier Masterclass, un programme public formant dix-huit jeunes producteurs européens par an. "La coproduction non seulement à deux, mais au moins trois pays", ajoute son inséparable camarade de promotion, Michael Reichenberg, un Autrichien parlant comme elle allemand, français, anglais et italien. Les deux jeunes producteurs, elle 27 ans, lui 31 ans, se sont découverts une vocation tardive que leur permet d’exprimer l’Atelier, une formation continue d’un an fondée par les écoles de cinéma française La Fémis et allemande Filmakademie de Baden-Württemberg, et soutenue par le programme Media de l’Union européenne.

Chaque année, le master forme six Allemands, six Français, et six élèves sélectionnés parmi les autres nationalités de l’UE élargie. Michael et Marta sont venus cette année présenter leurs films de fin d’études dans le cadre des IVe Rencontres internationales des écoles de cinéma, en marge du festival de Saint-Sébastien Zinemaldia qui s’est achevé le 25 septembre.

Aucun de ces deux blonds n’a fait d’école elle a fait de l’économie, lui médecine mais tous deux ont déjà l’attitude très assurée de ceux qui devront se battre avec investisseurs publics, privés et télévisions pour financer leurs films. Ils prennent la parole en plusieurs langues, se répondent, se complètent, paraissent très convaincus."Les Français et les Allemands ont intérêt à étudier des possibilités de coproduction, mais pour le reste de l’Europe, c’est vital, surtout dans les pays où la télévision ne finance pas bien le cinéma, comme en Italie", selon eux. "Les coproductions ne se font pas seulement en fonction de l’argent mais surtout des sujets, par exemple sur les Basques, tu vas aller voir les Français et les Espagnols, et les Tyroliens du Sud, les Autrichiens et les Italiens", selon Michael.

Elles permettent aussi d’exploiter les atouts de chacun. A l’Est, "ils ont de très bons techniciens, notamment en Pologne, mais pas les moyens de se produire seuls, ce que d’autres ont", sachant qu’un film européen dispose d’un budget moyen de 6 millions d’euros, ajoute Marta. Ils savent de quoi ils parlent. Leurs exercices consistent à étudier les situations des différents pays européens, et leur projet final à produire un film avec des équipes mixtes issues des deux écoles, française et allemande.

L’Atelier qui en est à sa quatrième année, veut créer une élite de producteurs européens capables de fonctionner en réseau, d’activer leurs contacts dans leurs pays respectifs dans cinq à dix ans. Le but est aussi de professionnaliser davantage le secteur, en prenant exemple sur les Etats-Unis, au point de faire du cinéma européen une forteresse où n’entrerait qu’une poignée d’élus mais capable de rivaliser avec les mastodontes hollywoodiens sur son propre marché. Paradoxe, le programme européen lorgne en direction d’Hollywood. Selon les deux professionnels, "le cinéma français est parfois très centré sur le réalisateur, on veut montrer que les producteurs peuvent aussi avoir des idées et être à l’initiative des projets, on essaie de prendre ce qui marche chez les Américains", explique Michael.

"Le seul objectif si tu veux faire des films dans dix ans c’est de trouver des films trop ambitieux pour un seul pays, c’est pour l’Europe de demain qu’on doit produire", conclut-il. Michael a trouvé un emploi dans une maison viennoise qui fait de la publicité et du cinéma. Marta, elle, va tourner un court-métrage pour une petite maison parisienne.


 
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