Pour la première fois, l’équipe allemande T-Mobile se tourne exclusivement vers le maillot jaune et aligne dans le Tour de France cycliste un trio de coureurs qui a déjà accédé au podium, les Allemands Jan Ullrich et Andreas Kloeden, et le Kazakh Alexandre Vinokourov.
Le trio de chefs n’a été réuni qu’une seule fois sur le Tour (2001). Mais, cette année-là, ni Kloeden ni Vinokourov ne représentaient une alternative sérieuse à Ullrich, chef de file indiscuté de son groupe depuis qu’il a donné à l’Allemagne la fierté d’une première et unique victoire dans la Grande Boucle (1997).
Quatre ans plus tard, Kloeden peut se targuer d’une deuxième place sur les Champs-Elysées (2004), Vinokourov d’une troisième place (2003). Ullrich, lui, a ajouté à sa collection une nouvelle deuxième place -pour la cinquième fois- en 2003, lors de sa seule infidélité à son équipe d’origine.
Le populaire "Ulle" est-il capable de gagner de nouveau le Tour et de venir enfin à bout de Lance Armstrong ? Le coureur allemand, qui vit au calme dans la campagne suisse, sait en tout cas que le temps lui est doublement compté. A cause de son âge (31 ans) et surtout de la fin de carrière du coureur américain.
"J’en suis où je voulais être", déclare Ullrich, vainqueur du contre-la-montre du Tour de Suisse voici une dizaine de jours et troisième du classement final.
En écho, Vinokourov annonce être fin prêt. "Ma forme est aussi bonne qu’en 2003", dit le Kazakh, tout heureux d’arborer sur le Tour le maillot de champion national. Confiant dans son travail, il explique avoir procédé à des tests, sur piste et en soufflerie, pour progresser dans les contre-la-montre, l’un des secteurs où il se situe en-deçà des deux rouleurs d’exception que sont Armstrong et Ullrich, ainsi qu'à un entraînement spécifique en montagne.
Libre de tout contrat en fin de saison, le vainqueur de Liège-Bastogne-Liège et de l’étape du Mont Ventoux dans le Dauphiné -deux succès majeurs au printemps- présente de solides garanties. Ses qualités tout-terrain, son esprit offensif, sa détermination, en font un homme-clé de la course.
"Nous essayerons de faire craquer Armstrong. Il faut l’attaquer mais c’est plus facile à dire qu’à faire", reconnaît "Vino", décidé à travailler avant tout pour l’équipe : "Je n'ai pas d’objectif personnel."
Par rapport à lui, Kloeden demeure un point d’interrogation. Il reste dans l’anonymat une première partie de saison, hormis un modeste succès d’étape fin mai au Tour de Bavière. Mais, l’homme, souvent discret, a la réputation de parvenir assez vite à son optimum.