Avant de se retirer le 24 juillet à la fin du Tour de France, l’Américain Lance Armstrong vise une septième victoire dans la plus grande course cycliste du monde, dont la 92e édition part samedi de Vendée. Invaincu depuis 1999 et seul détenteur du record des victoires dans la Grande Boucle, le Texan veut s’en aller avant son 34e anniversaire sur un dernier coup d’éclat, sur un record placé à une hauteur quasi-inaccessible.
Le Dauphiné l’a rassuré au début du mois du juin sur sa forme (4e du classement final) et, plus encore, sur la force de son équipe désormais appelée Discovery Channel.
"Ce sera le groupe le plus fort que j'ai eu", a estimé Armstrong, malgré l'absence du précieux vétéran russe Viatcheslav Ekimov (blessé). L’Italien Paolo Savoldelli, vainqueur du Giro, et l’Ukrainien Yaroslav Popovych, seul néophyte de cette équipe, ont été appelés en renfort.
Le Texan a toutefois avoué que le Tour 2005 se jouerait dans les étapes de montagne, avec les Alpes qui arrivent dès la seconde semaine et les Pyrénées à peine quelques jours plus tard. Après le Dauphiné, Armstrong s’est empressé d’aller voir ses premières rampes de la Grande Boucle qu’il a trouvée particulièrement difficiles "Plus dures que ce que je m’imaginais. La dernière des trois étapes alpines de Briançon, à Digne-les-Bains, s’annonce particulièrement compliquée. Il n’y a pas de grand sommet, mais ça va être dure. Elle nous réserve peut-être des surprises, notamment si la chaleur est d’actualité. Il faudra penser à une chose : s’hydrater convenablement".
À défaut de considérer Iban Mayo ou Joseba Beloki candidats au maillot jaune, les adversaires sont à chercher du côté de l’équipe T-Mobile qui présente l’Allemand Jan Ullrich, le seul coureur de son pays à figurer au palmarès du Tour (1997) mais qui a plus souvent grimpé à la deuxième place du podium (cinq fois !). Cette année, Ullrich aura à ses côtés son compatriote Andreas Kloeden, dauphin d’Armstrong l’an passé (à plus de 6 minutes), et surtout Alexandre Vinokourov, tout frais champion du Kazakhstan, forfait en 2004 à cause d’une chute.
Tournée exclusivement vers la conquête du maillot jaune, la formation allemande (battue dimanche dans son championnat national) a même écarté l’une de ses gloires, Erik Zabel, six fois vainqueur du classement par points.
AG2R en plus
Dans le peloton des 189 coureurs, d’autres protagonistes majeurs sont attendus dans les rangs des équipes Phonak (Botero, Landis), Rabobank (Menchov, Rasmussen), Quick Step (Rogers), voire Gerolsteiner (Leipheimer). Mais, aucun d’eux ne paraît en mesure d’inquiéter le meilleur Armstrong si le Texan, seule vraie star de son sport, évolue à son niveau habituel de l’été.
Aux vingt équipes du circuit ProTour, qualifiées d’office malgré le litige toujours en cours entre ASO (maison-mère du Tour) et l'autorité sportive, les organisateurs ont ajouté la formation AG2R qui sera sur la ligne de départ du contre-la-montre inaugural (19 km) au petit port de Fromentine.
Le parcours de 3608 kilomètres qui va dans le sens des aiguilles d’une montre traverse l’hexagone d’ouest en est et offre l’occasion aux sprinteurs (Boonen, McEwen, Hushovd, Cooke, O’Grady, etc) de se distinguer. Il fait étape en Allemagne, à Karlsruhe, avant de s’attaquer à la montagne où trois arrivées au sommet sont prévues.
Pour la seconde année consécutive, la Grande Boucle boudera les routes du Pays Basque, ce qui n’empêchera pas la "marée orange" des Euskaltel d’envahir une fois de plus les étapes Pyrénéennes.
Après les Vosges, la course s’attaque aux grands cols des Alpes (Madeleine, Galibier) puis aux Pyrénées dans deux très difficiles étapes, à Ax-3 Domaines et surtout à Saint-Lary-Soulan.
La remontée sur Paris, par le Massif central, laisse place à la veille de l’arrivée à un grand contre-la-montre de 55,5 kilomètres, autour de Saint-Etienne. Le lendemain, Armstrong effectuera, sauf coup de théâtre, sa dernière remontée des Champs-Elysées. En jaune... peut-être.