Le centre d´appels Thalatel ferme à Hendaye pour déménager à Aix
·Le centre de réservation en ligne de thalassothérapie a fermé ses portes après son rachat par Travelhorizon
Une fermeture d’entreprise discrète. Bien plus que lors de son implantation sur la zone des Joncaux d’Hendaye trois ans plus tôt. La société Thalatel, centre d’appels et de réservation de séjours en thalassothérapie, a définitivement fermé ses portes voici deux semaines. Son activité a été transférée à Aix-en-Provence après son rachat en février (annoncé en mai) par la société Travelhorizon. Cette dernière est également un centre d’appels et de réservation de séjours en ligne, à la mer ou à la montagne (de ski en particulier). "Nous avons un centre d’appels avec 30 personnes à Aix-en-Provence, il était plus facile de faire venir les six personnes d’Hendaye, que l’inverse" explique Nicolas Mendiharat, dirigeant de Travelhorizon, qui ajoute qu’il aurait préféré le contraire. Un regroupement de l’activité qu’il justifie non "par une économie de charge", mais afin d’obtenir "une optimisation opérationnelle des clients". En outre, "80% de nos fournisseurs sont dans les Alpes" (maritimes et montagneuses) et "le tiers des réservations se font à l’étranger". Un rachat que le dirigeant explique également par "un besoin de croissance".
Thalatel a débuté son activité avec 18 personnes en mars 2002 à Hendaye, après avoir exercé ses débuts à Ascain. Un personnel réduit à 10 ces derniers mois. Son dirigeant David Lawton (que nous n’avons pu joindre) a vendu le fonds de commerce (soit surtout le fichier clients, pour une somme non communiquée), mais avec trois de ses collaborateurs il a en revanche gardé le logiciel de réservation en ligne. Aux six salariés restant il a été proposé un reclassement en Provence. Ce qu’ils ont refusé, relate, compréhensif, Nicolas Mendiharat qui souligne aussi son attachement au Pays Basque. Outre ses origines, le directeur de Travelhorizon âgé de 33 ans effectue un saut au Pays Basque régulièrement car son "associé principal", le groupe anglais HMC, y possède des hôtels (lire ci-dessous).
"A l’avenir j’aimerais venir au Pays Basque" confie Nicolas Mendiharat. En attendant la SA Eneko (propriétaire nominatif de Travelhorizon) possède néanmoins son siège social à Anglet, son établissement principal à Aix-en-Provence, une antenne sur Paris, et une filiale en Hollande (Utrecht).
Les déboires de "la nouvelle économie" se font donc sentir au Pays Basque aussi. Pourtant, l’implantation de Thalatel à Hendaye en 2002 avait eu un large écho médiatique. Prévue avec 20 salariés, Thalatel envisageait à l’horizon 2004 d’atteindre un chiffre d’affaires de 5M¤ et un effectif porté à 50 personnes. La CCI de Bayonne explique que "nous faisons tout pour faciliter l’implantation des entreprises au Pays Basque", donnant en exemple l’arrivée de Tribord à Hendaye, entreprise pour laquelle la CCI a accompagné jusqu’à l’installation des conjoints et l’inscription des enfants à l’école. "En revanche, on ne demande pas aux entreprises de reporting de leurs activités." Cependant les "difficultés" de Thalatel étaient connues dans le landerneau économique.
Aides publiques
Une implantation qui avait bénéficié d’aides publiques. La mairie d’Hendaye avait laissé les locaux de l’ancienne douane à disposition de Thalatel à titre gracieux. Comme elle l’avait fait pour l’entreprise Atea, qui elle aussi dans le secteur des nouvelles technologies a fermé ses portes.
Le maire socialiste Kotte Ecenarro évoque un "effet Prestige" dans les difficultés de location de séjours en thalassothérapie. Mais surtout, il en tire la leçon que "si on peut favoriser l’implantation d’entreprises, en matière de pérennisation, les réalités économiques l’emportent souvent sur la volonté politique". Et d’indiquer du même coup que de grands locaux restent à disposition dans la zone des Joncaux. A nouveau.
Centre d’appels délocalisés
Des entreprises qui semblent s’installer aussi rapidement qu’elles repartent. Est-ce à dire que la délocalisation de l’activité du centre d’appels d’Hendaye à Aix-en-Provence pourrait se poursuivre au Maroc ou en Inde, comme il semble d’usage sur ce secteur? Nicolas Mendiharat dirigeant de Travelhorizon assure que non. "On reste en France, on veut des gens compétents; si le produit à vendre était un simple billet d’avion oui, mais lorsqu’il s’agit de vendre des séjours en chalet, du haut de gamme, à des clients exigeants... on ne peut pas vendre des séjours à la neige quand on est à Bombay ou à Rabat..."
La réservation de vacances en ligne en concentration
I.E.
Thalatel rachetée fin mai par Travelhorizon. Les deux sociétés sont des centres de réservation de séjours en ligne, mais spécialisés, la première leader en Thalasso, la seconde en séjours ski. Dans le domaine généraliste les fusions-acquisitions sont encore d’une autre ampleur. Le secteur des voyagistes issus de "la nouvelle économie" est en pleine concentration depuis les années 2000. Début mai, c’est la société britannique Lastminute.com qui a été rachetée par le groupe américain Sabre, un des principaux global distribution system (GDS, pour les systèmes de réservation électronique de billet) au monde. Auparavant, l’entreprise britannique avait acquis les français Degriftour en 200, Travelprice en 2002 et ses concurrents anglais Travel Corporation et First Option en 2004. Ce qui n’a pas empêché Lastminute d’afficher des pertes d’une centaine de millions d’euros l’an dernier (ou peut-être à cause de).
"Parmi tous les acteurs généralistes, il en reste quatre, dont trois sont américains" confirme Nicolas Mendiharat, dirigeant de Travelhorizon : Sabre, InterActive Corp (Expedia), Cendant (Ebookers) et l’européen Opodo.
Les sociétés de vente en ligne spécialisées n’échappent pas au phénomène. Ainsi Travelhorizon, créée en 1999, est issue historiquement de Totemvoyages.com (séjours de ski pour étudiants), qui lance en 1994 Skihorizon.com, puis Travelhorizon.com. Un centre d’appels de réservation de séjours à la mer et en montagne, qui a été racheté en 2002 par le groupe anglais HMC (qui détient notamment l’Hôtel Chiberta à Anglet ou les Résidences hôtelières du Golf de Bassussarry).
Une "niche" dans le marché de la vente de séjours, qui vise plutôt le moyen et haut de gamme. "Le problème de la vente en ligne, explique N.Mendiharat, c’est qu’elle s’adresse dans notre cas à un public restreint, et qu’à la différence de la vente par brochure, elle nécessite des coûts d’investissement de taille".
La société affiche un chiffre d’affaires annuel de 23 millions d’euros. Les ventes de séjours en thalasso et en cure de Thalatel ont représenté 3 millions d’euros.
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