Le public est sorti ravi et c’est sans doute le meilleur juge. Le spectacle créé par Garaztarrak pour fêter son demi-siècle d’existence a recueilli un franc succès en réunissant plus de 600 personnes sur les deux représentations samedi et dimanche. Le groupe avait prévenu, il danserait sans béret rouge. Comprenez, en envoyant d’un coup de pied le folklorisme au vestiaire et en modernisant la danse basque grâce notamment à un métissage avec le hip-hop.
Résultat : enfin un peu de dépoussiérage dans la danse bas-navarraise, à l’image du travail déjà mené en Soule ou en Labourd par des troupes comme les danseurs de Barcus dans Lau Buru ou ceux de Bassussarry dans Boum Bada Boum. Les parties les moins conventionnelles (danses autour du feu dans la première partie ou mixage fandango-hip-hop-rock dans la dernière) sont celles qui ont été le plus appréciées par le public de tout âge. Signe que la carte postale touristique (trop?) longuement illustrée en milieu de spectacle par les sourires figés et les automatismes des danseurs est bien à remiser.
L’effort collectif était également présent, pour souder un groupe qui, s’il n’a pas toujours été à la pointe de l’agilité la chaleur étouffante n’étant pas pour l’y aider a voulu prouver que la danse basque ne se cantonne pas à des représentations formelles et sans lien avec l’identité basque. Les deux vidéos projetées en cours de spectacle étaient aussi là pour le rappeler. Dommage par contre que la musique fut préenregistrée. Des musiciens ou une txaranga en direct auraient sans doute donné plus de corps au spectacle.
Ce fut toutefois un premier essai très encourageant qui mérite d’être encore plus audacieusement approfondi pour que la danse basque vive avec son temps, sans pour autant rien renier de ce qui la caractérise. Faire en sorte que, de folklore, la danse basque redevienne culture. Pas une simple mise en scène estivale pour spectateurs de passage mais un élément de notre identité que l’on peut vivre hors des planches. Les jeunes de Garaztarrak ne s’en sont pas privés en redonnant la dernière partie du spectacle, entre eux, dans un bar Saint-Jeannais, tard dimanche soir...