De 4 à 30 ans de prison requis par l´avocat général au procès de Plévin
·Le parquet a requis pour les cinq Basques les peines les plus lourdes : de 15 à 30 ans
L’avocat général a requis hier à Paris des peines très sévères allant de 4 ans d’emprisonnement à 30 ans de réclusion à l’encontre de 14 des 15 militants basques et bretons soupçonnés d’avoir participé au vol de plus de huit tonnes d’explosifs à Plévin en 1999. Les peines les plus lourdes, comprises entre 15 et 30 ans, ont été demandées par Christophe Teissier à l’encontre des cinq militants basques jugés dans cette affaire, accusés d’être les auteurs directs du vol de dynamite.
M. Teissier a ainsi réclamé une peine de réclusion criminelle de trente ans à l’encontre d’Asier Oiarzabal Txapartegi, qu’il a considéré comme la "cheville ouvrière du commando". L’avocat général a demandé 25 ans de réclusion pour la Labourdine Argi Perurena Pascual, ainsi que 22 ans pour Jon Bienzobas Arretxe, 18 ans pour Fermin Martinez Bergara et 15 contre Patxi Segurola Mayoz. Pour l’ensemble de ces accusés, M. Teissier a demandé une interdiction définitive du territoire français.
"Complicité"
Concernant les dix Bretons, accusés de "complicité", les peines requises les plus élevées visent Denez Riou (11 ans), accusé d’avoir "supervisé l’accueil, l’hébergement, le transport et le ravitaillement de Basques jusqu’au matin même de la commission des faits", et Gérard Bernard (8 ans) qui "a permis l’exfiltration des explosifs" après le vol, toujours selon l’avocat général M. Teissier.
Six ans d’emprisonnement ont été demandés contre Christian Georgeault et Jean-Charles Grall, considéré par l’avocat général comme l’homme ayant servi d’"interface entre l’Armée révolutionnaire bretonne (ARB) et ETA". Des peines de cinq ans ont par ailleurs été demandées pour Bertrand Grimault, Pascal Laizé et Alain Solé, soupçonnés d'avoir participé au groupe de soutien logistique des Basques. Enfin, quatre ans ont été demandés à l’encontre d’Arnaud Vannier alors que pour Richard Le Faucheux, accusé d’avoir loué un appartement destiné à abriter les Basques, l’avocat général a considéré que les charges n’étaient pas suffisantes et a donc demandé l’acquittement.
Les avocats de la défense développeront leur plaidoirie aujourd’hui, le verdict étant attendu mercredi soir.
"Les gendarmes français fichent le public"
"L’escadron de gendarmerie mobile française a procédé à un relevé systématique des identités des personnes qui viennent assister aux audiences" de la Cour d’Assises spécialement composée qui juge cinq Basques et dix Bretons dans le dossier du vol d’explosifs de Plévin a dénoncé hier le Comité Anti-représsif Breton (CARB).
"Cette action scandaleuse est un signe supplémentaire de la fascisation du régime politique français. De telles fiches permettent de repérer des suspects à perpétuité, car ces documents ne sont jamais détruits", a affirmé le CARB.
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