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Le JPB > Pays Basque 2005-06-23
Perquisitions et interpellationsà Bayonne et Saint-Jean-de-Luz

Plusieurs perquisitions et des interpellations ont été réalisées hier par la police, sur commission rogatoire du juge antiterroriste Laurence Le Vert, à Bayonne et à Saint-Jean-de-Luz. Les policiers ont d’abord interpellé Ihintza Arrieta, à 7h30, à son domicile de Bassussarry. La jeune femme de 31 ans, journaliste à Euskal Irratiak, a été arrêté pour sa participation à Gureak, association humanitaire de soutien aux familles de prisonniers.

"Elle n'est pas sous le régime de la garde à vue, on lui a demandé, à titre de témoin, d'assister à la perquisition", a indiqué une source proche du dossier en milieu de journée. Toutefois selon Askatasuna, la jeune femme a été placée en garde à vue dans l’après-midi.

La perquisition d’Epaiska, local associatif à Bayonne lié à Gureak, a duré jusqu’en début d’après-midi. Dans la matinée, la police avait également interpellé un membre de l’association qui gère le lieu, avant d’être remis en liberté dans la soirée.

Parallèlement, la police a perquisitionné les bureaux d’Anai Artea à St-Jean-de-Luz, local qui est aussi le siège social de Gureak.

Ces opérations interviennent au lendemain de la visite de la police aux domiciles de deux autres membres de cette même association qui étaient absents à ce moment-là.

Au total, hormis les deux interpellés d’hier matin, 10 personnes ont reçu une convocation à se présenter au commissariat de Bayonne. Trois d’entre elles s’y sont rendues dans l’après-midi dont une dame âgée de 82 ans, remis en liberté dans la soirée. Aujourd’hui 7 autres personnes doivent se présenter au commissariat.

Réactions

Dans un communiqué, les salariés d’Euskal Irratiak ont "témoigné leur soutien et leur amitié" à leur collègue. Ils ont dénoncé la manière dont s'est déroulée l'interpellation. "Au lieu de la convoquer, la police a préféré débarquer à son domicile de manière violente et fouiller la maison devant son fils de 21 mois", ont-ils déclaré. Les salariés ont appelé leurs confrères à un rassemblement aujourd’hui entre 12h30 et 12h45 devant la radio Gure Irratia "dans le cas où Ihintza serait encore détenue". De son côté, Etxerat, l’association de soutien aux familles des prisonniers basques, a dénoncé l’opération de police. "Ils veulent nous tuer sur les routes, ils nous rendent économiquement exsangues, et maintenant ils veulent criminaliser la solidarité et l’amour en nous interpellant", a déclaré l’association. "Les familles et amis des prisonniers basques sont la cible des Etats français et espagnols. Ces derniers n’apprécient pas que nous dénoncions les atteintes aux droits de l’homme qui ont lieu dans les prisons notamment", a ajouté Etxerat. L’association a lancé un appel aux deux Etats pour qu’ils "laissent à ce pays un autre avenir que la mort et la douleur".

Près de 140 personnes amis et proches des personnes interpellées se sont réunis hier soir devant le commissariat de Bayonne.


 
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