"A la suite de la recommandation du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM), selon laquelle, étant donné le faible état des stocks d’anchois dans le Golfe de Gascogne, la pêche devrait immédiatement être fermée, la Commission a décidé de fermer cette pêche pour une période de trois mois". C’est un communiqué laconique que la Commission Européenne a transmis hier pour annoncer sa décision.
Jusqu’à maintenant, elle envisageait d’interdire pour six mois, de juillet à fin décembre, la pêche à l’anchois dans le Golfe de Gascogne pour permettre une reconstitution progressive des stocks. Leur faiblesse alarmante avait été soulignée ces dernières semaines par les pêcheurs du Sud, qui ont suspendu unilatéralement à la mi-mai leur campagne de pêche, et par les scientifiques du CIEM, basé à Copenhague.
Mais les pêcheurs d’ici, opposés à toute mesure d’interdiction complète, avaient plaidé mi-juin à Bruxelles pour la création d’une simple zone délimitée où la pêche serait interdite. La semaine dernière, les chalutiers pélagiques bloquaient le port de Bayonne pendant 3 jours (lire Le Journal du 15 juin 2005).
"C’est une grande déception" explique Serge Larzabal, président du comité local des pêches et membre d’une délégation reçue à Paris ce matin par le directeur des pêches. Le syndicaliste doute de l’efficacité d’une fermeture de 3 mois, il estime que "les évaluations scientifiques ne seront pas meilleures dans 3 mois".David Milly, directeur adjoint de l’Organisation de Pêcheurs Cap Sud de Saint-Jean-de-Luz accueille lui cette nouvelle avec un certain fatalisme.
Pour lui, "le Sud demandait l’interdiction pour 6 mois. Alors que nous proposions de constituer un box (zone d’interdiction de pêche, NDLR) dans l’estuaire de la Gironde, c’est comme s’ils avaient voulu trouver le juste milieu".
Serge Larzabal conclut pour sa part que "l’Etat espagnol a exercé une pression énorme sur la Commission".
En attendant, ce sont d’autres questions qui se posent dans l’immédiat."Serons-nous indemnisés ?Sur quelle base ? Faut-il que nous partions sur le thon ?". Le ministère de l’Agriculture et de la Pêche a réagi en assurant qu’il serait demandé que l’interdiction de la pêche à l’anchois dans le Golfe de Gascogne soit "examinée au niveau politique par le prochain Conseil des ministres chargés de la pêche, les 18 et 19 juillet".