Le président de la Cours d’assises spéciale n’a cessé d’interrompre les propos du directeur du quotidien Berria.
Après avoir entendu les prévenus bretons et les témoins appelés par l’avocat général et la défense bretonne, Martxelo Otamendi directeur du quotidien Berria et ancien directeur d’Egunkaria devait être entendu en tant que témoin des prévenus basques.
Il aurait dû l’être la semaine précédente, mais la Cour n’avait pas fait les démarches nécessaires afin qu’il le soit. Après que la défense eut insisté, Martxelo Otamendi a pu témoigner lundi, même s’il n’a pas été écouté par la Cour présidée par Yves Jacob.
Comme cela fut le cas avec Me Didier Rouget venu témoigner des exactions commises par les forces de police en Pays Basque, le témoignage du journaliste, directeur du quotidien en langue basque fermé arbitrairement en février 2003, n’a pas été du goût du président.
Après lui avoir refusé de parler en basque et lui avoir imposé un traducteur d’espagnol médiocre, le président de la Cour n’a cessé de l’interrompre, surtout quand le directeur du quotidien évoquait les tortures subies aux mains de la Garde Civile.
Le président Jacob a coupé à plusieurs reprises le témoignage de Martxelo Otamendi. Tout d’abord en lui reprochant d’être hors sujet. "Les prévenus ici présents ont fui leur pays par peur d’être arrêtés et torturés" a rappelé Me Yolanda Molina resituant le procès dans son contexte. Elle a même remarqué que la femme de l’un des accusés, Patxi Segurola, avait également dû supporter des tortures dans les commissariats espagnols.
Autre argument pour interrompre les propos de M. Otamendi, le président de la Cour semblait pressé de clore les débats. Le président n’aurait pas de temps à perdre pour écouter les témoins des prévenus basques. Pourtant la Cour d’assises spéciale est mobilisée depuis le premier juin et le sera pendant un mois jusqu’au premier juillet. 30 jours d’audience où, contrairement aux attentes, les journées ont été limitées à des débats très brefs, avec un record d’une petite heure et demie de débat vendredi dernier.