Six ans pour le chauffeur qui transportait 1,6 t de cannabis
"A aucun moment je n’ai pensé qu’on mettait autre chose que des oranges dans mon camion". Maigre défense de ce chauffeur routier anglais qui, le 29 janvier 2004, a été contrôlé au péage de Biriatou avec 1,6 tonnes de résine de canabis, conditionnés par "savonnettes" de 250 grammes "prêt à la vente" précise la procureure du tribunal correctionnel de Bayonne. Au total, 33 valises de canabis dans des ballots bleu et jaune que les douaniers d’Hendaye ont tout de suite repérés parmi les cartons d’oranges. Des "oranges pourries" insistait hier après-midi la juge pour confondre Christopher Eagle et avancer que si la qualité était négligée, c’est que l’importance de la cargaison était ailleurs."Je suis transporteur, pas contrôleur qualité" se défendait le chauffeur anglais, visiblement éprouvé par les 15 mois de détention provisoire. Arguments flous, réponses évasives émaillent le dossier selon la partie civile.Christopher Eagle répond souvent à côté et se plaint d’avoir eu de "mauvais traducteurs". Il faisait chaud dans la remorque réfrigérée, ont noté les douaniers en soupçonnant la cargaison de façade. Christopher Eagle n’a pas vraiment d’explication. La juge oui."Vous pensez qu’on confie une valeur pareille à quelqu’un sans qu’il soit au courant ?" questionne t-elle.Eagle peine pour apporter la preuve de sa bonne foi. La partie civile rappelle qu’il s’agit d’un "délit douanier de première classe".La sanction encourue peut atteindre dix ans de prison ferme, la confiscation du matériel, et une amende de 5 à 6 fois la valeur de la drogue. Après délibération, la justice le désignera coupable et la sentence l’assomme. Six ans de prison ferme. Deux millions et demi d’amende.Et pourtant, son avocat, maître Sagardoytho, avait fait valoir que sa responsabilité était le "fait d’autrui", et que "rien ne montre un lien régulier avec un réseau".Une négligence professionnelle, dont il convient de souligner la "pratique" du terrain, celle de "la parole donnée" et du "bouche à oreille" pour ne pas remonter "à vide".Une pratique "routinière" que le chauffeur a connu pendant "28 ans irréprochables".
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