Les pêcheurs lèvent le blocus en espérant que l´UE accepte le "box"
·Une délégation des pêcheurs accompagnera les représentants du gouvernement aujourd’hui à Bruxelles
Les pêcheurs, qui bloquaient depuis dimanche le port de commerce de Bayonne pour protester contre le projet d’interdiction de six mois de la pêche à l’anchois dans le golfe de Gascogne, ont mis fin hier matin à leur blocage. Les pêcheurs, qui lundi soir avaient voté la poursuite du blocus, ont pourtant appareillé dès 6h00. Les huit chalutiers pélagiques basques avaient quitté le port la veille.
Les pêcheurs entendent que le gouvernement fasse pression aujourd’hui à Bruxelles lors d’une réunion prévue avec la Commission européenne. Une délégation des professionnels accompagnera les représentants du gouvernement français pour défendre la proposition de création d’un box dans l’embouchure de la Gironde. Une "zone où les anchois ont l’habitude de frayer et où les juvéniles ont l’habitude de vivre" qui serait interdite à la pêche.
Cette proposition avait déjà été lancée par Serge Larzabal, président du comité local des pêches, lors de la visite électorale du général Morillon. "Nous estimons qu’il faut protéger la bande de la Gironde. S’il faut faire l’effort de sacrifier la pêcherie dans nos propres locaux pour assurer la reproduction de l’anchois, nous le ferons", a-t-il déclaré au JPB. "Mais ce n’est pas logique de ne pas pêcher l’anchois qui va mourir de façon naturelle en dehors de cette zone, car cette espèce ne vit que quatre ou cinq ans".
Optimistes
Serge Larzabal reste optimiste par rapport à l’avis définitif de la Commission européenne sur la question. "Nous estimons que les avis pris jusqu’à présent relèvent d’une lecture d’éléments partiels. Nous, on va relayer notre proposition qui représente un effort important de la part des professionnels français.Nous espérons que la Commission retiendra nos arguments", a poursuivi le responsable du comité des pêches du quartier de Bayonne.
Par rapport aux arguments et aux accusations lancés hier sur nos colonnes par le président des kofradia du Gipuzkoa, Jaime Tejedore, Serge larzabal a préféré ne pas rentrer dans la polémique. M. Tejedore avait invité les pêcheurs français à partager le quota espagnol à condition d’utiliser les mêmes systèmes de pêche artisanaux.
"Il faut comparer ce qui est comparable", a tout de même répondu M. Larzabal. "On nous accuse d’utiliser des systèmes prédateurs, mais eux, avec leurs bolinches et leurs bateaux de 30 mètres et leur mode de pêche semi-industrielle, ils capturent beaucoup plus d’anchois que nous avec nos chalutiers de 12 à 20 mètres". M. Larzabal a souligné que chacun doit défendre ses systèmes de pêche.
Hubert Carré, directeur général du Comité national des pêches, a pour sa part déclaré qu’"on ne peut pas être d’accord pour une interdiction absolue, car il y a un tissu socio-économique à défendre". Selon lui, "si on arrête une pêche, on n’alimente plus les marchés" qui vont chercher à s’approvisionner auprès "de filières extra-communautaires". Et "on n’arrive plus à les récupérer (Š). Certes, il faut préserver les ressources, mais il faut aussi préserver les équilibres socio-économiques", a-t-il terminé.
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