Gara: Latest news - Printed edition  |  Le Journal |  Documents
 
EUS | ES | FR | ENG
 » PRINTED EDITION
  - Index
  - Sujet à la une
- Basque Country
- Local
- Opinion
- Culture
- Sports
 » DOCUMENTS
 » Hemeroteka
Le JPB > Sujet à la une 2007-05-05
Trois morts à Bayonne et les communes de Saint-Pée et d'Ascain dévastées
·Le dispositif de secours restait mobilisé hier soir en raison de nouvelles "inondations possibles" au Pays Basque

Personne n’avait prévu les pluies diluviennes qui se sont abattues la nuit dernière sur le Pays Basque. Pourtant, les inondations qui en ont découlé posent questions, notamment en ce qui concerne la procédure d’urgence à mettre en place par la Préfecture, et la construction d’un barrage pour protéger le bassin de la Nivelle, toujours en projet, notamment depuis les inondations de 1983 qui avaient fait quatre morts à Saint-Pée et Ascain.

Des orages d’une violence rare, une pluviométrie record, une montée des eaux rapide, la marée montante qui ralentit le débit de la Nivelle et l’accumulation de ces phénomènes a causé de très nombreux dégâts autour de Saint-Pée et d’Ascain, mais également dans la vallée du Baztan où de mémoire d’habitants d’Elissondo ou d’Atxalar, "on n’avait jamais vu ça". A Bayonne, un couple et l’un de leurs deux enfants sont morts dans leur sommeil, intoxiqués par le gaz échappé d’une canalisation rompue par un glissement de terrain, en raison de cette pluviométrie exceptionnelle.

Un nombre encore incalculable d’habitations et de commerces ont été inondés, notamment à Ascain et à Saint-Pée-sur-Nivelle, où l’on parle d’une situation "pire qu’en 1983 dans certains cas".La route départementale reliant Ascain à Saint-Jean-de-Luz a été coupée en raison d’un glissement de terrain ainsi que celle rattachant Bayonne à Saint-Jean-Pied-de-Port.Les secours, mobilisés dès 5h30 hier matin, ont réalisé 344 interventions.Trois hélicoptères ont permis d’évacuer 18 personnes, parfois réfugiées dans des arbres, surprises par la rapidité de la montée des eaux. Quatre d’entre elles ont été hospitalisées à Bayonne, en état d’hypothermie. Près de mille foyers ont été privés d’électricités durant toute la journée et les techniciens d’EDFdevaient rétablir la normale dans la soirée d’hier. A Saint-Pée, l’usine de traitement des eaux qui alimente aussi les communes de Sare, Ainhoa et Souraide, a également été inondée et momentanément arrêtée. Elle devrait refonctionner aujourd’hui dans l’après-midi mais l’eau fournie ne sera pas potable, au moins jusqu’à mercredi. Les grottes de Sare et de Zugarramurdi ont également été sinistrées. La commune de Saint-Pée a décidé hier de maintenir le rendez-vous d’Herri Urrats qui doit rassembler 70 000 personnes autour du lac de Saint-Pée dont le mur de sécurité n’a pu contenir les eaux.Deux ministres se sont déplacés sur les lieux du sinistre.

Dispositif d’alerte

"Rien ne permettait de savoir que l’orage se concentrerait à un endroit précis et à un moment donné", a déclaré la ministre de la défense Michèle Alliot-Marie, qui accompagnait le ministre de l’Intérieur François Baroin dans cette visite d’urgence au Pays Basque. Un argument qui ne satisfait pas les maires des communes sinistrées. La maire de Saint-Pée-sur-Nivelle, Christine Bessonart, a regretté que le dispositif d’alerte de la préfecture n’ait pas fonctionné. "Je me demande à qui il faut s’adresser quand la préfecture me répond que la procédure n’a pu être mise en place car cette catastrophe n’était pas prévue", a-t-elle confié. Comme en janvier 2005 lorsque sa commune avait souffert d’inondations, c’est un pompier volontaire qui a prévenu l’élue au lieu des services de la Préfecture."On sait pourtant où me trouver quand un cheval divague sur ma commune" a lancé Christine Bessonart, "très contrariée".Pour sa part, le maire d’Ascain Jean-Louis Laduche qui est aussi pompier, a regretté que le barrage, dont la construction est prévue depuis de longues années pour contenir les eaux de la Nivelle, n’ait toujours pas été réalisé.

Depuis la crue record de 1983, ce projet de barrage est attendu dans la vallée de la Nivelle, mais s’est heurté à d’innombrables problèmes, de financement, de foncier, de plaintes de personnes opposées au projet, et même d’insectes, les fameux pique-prunes qu’il convenait de protéger.Le dossier a traîné et les coûts de construction ont grimpé. Aujourd’hui, ce projet de barrage qui devrait être réalisé pour octobre 2008, manque de financement.Hier les élus locaux souhaitaient évoquer cette question avec les deux ministres présents sur les lieux. Le ministre de l’Intérieur François Baroin s’est rendu sur place et a assuré la "solidarité du gouvernement" aux victimes des inondations promettant des indemnisations rapides pour catastrophe naturelle. Il a visité, aux côtés du ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, le poste de commandement mobile situé au centre de secours de Saint-Pée-sur-Nivelle. M. Baroin a "donné des instructions au préfet ainsi qu’à l’administration centrale du ministère pour que les dossiers de demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle soient instruits dans les meilleurs délais", précisant qu’ils seront "soumis à la commission interministérielle qui se réunira le 31 mai".

Météo France, qui n’avait pas prévu d’aussi importantes précipitations, annonçait hier de nouveaux orages possibles au Pays Basque jusqu’à dimanche. La préfecture a estimé que "des inondations importantes sont encore possibles" et le dispositif de secours restait mobilisé hier soir.



Trois décès à Bayonne à cause des intempéries
R. R.

Les promeneurs du chemin de halage à Bayonne connaissent bien cette maison qui fait face à la Nive. Un hangar en bois la côtoie, qui semble construit sur la coque d’un bateau. C’est dans cette petite maison qu’un couple et son enfant de 6 ans ont péri, asphyxiés dans la nuit de jeudi à vendredi. Les pluies diluviennes qui se sont abattues dans la nuit sur Bayonne sont vraisemblablement à l’origine du glissement de terrain du talus qui borde la maison, sous la voie de chemin de fer. Un affaissement du talus qui s’est arrêté sur le mur de la maison, mais a fait bouger la citerne de gaz qui alimente le foyer. De là, cette fuite de gaz qui malheureusement s’est déversée dans l’habitation, provoquant la mort des deux adultes, employés à la mairie de Bayonne, et de leur petite fille, pendant leur sommeil. La petite dernière, âgée de 18 mois, a cependant survécu puisqu’elle dormait à l’étage. Le gaz est plus lourd que l’air. Le voisin, encore sous le choc, raconte qu’il n’a rien entendu. Sa femme s’est levée vers 3h du matin, pensant que les toilettes refoulaient. Peut-être l’odeur du gaz. Lui s’est levé à 7h, est parti pour un rendez-vous, et s’est étonné de voir les volets de ses voisins encore clos à son retour, vers 8h45. Il a frappé mais n’a obtenu aucune réponse, s’est inquiété et a prévenu les pompiers. Ces derniers ont brisé une vitre pour s’introduire dans la maison et découvrir les dépouilles des occupants avant de conduire le nourrisson à l’hôpital de Bayonne. A 11h, l’atmosphère était encore chargée de gaz et les pompiers, qui cherchaient encore la fuite de gaz, ont rétrospectivement reconnu que la moindre étincelle aurait pu tout faire sauter.


 
Print
 
...More news
Pays Basque
Les artisans créateurs ouvrent leurs ateliers
Sports
Biarritz en quête de confirmation
Pays Basque
Les élections basques se décident à Madrid
Sujet à la une
Trois morts à Bayonne et les communes de Saint-Pée et d'Ascain dévastées
  © 2006 Baigura | Contact | About us | Advertise