Le candidat à la présidentielle de la Ligue Communiste Révolutionnaire tenait hier soir son meeting de campagne à Bayonne à la Bourse du Travail. Quelques heures auparavant, Olivier Besancenot répondait aux questions des journalistes locaux.Avec 461 parrainages, dont une demi-douzaine du Pays Basque, Olivier Besancenot n’est pas encore assuré de pouvoir participer aux élections présidentielles. "Il nous reste une semaine pour trouver 39 signatures" souligne-t-il en rappelant les pressions du Parti Socialiste auprès de ses élus adhérents et même sur les élus non-encartés".
Olivier Besancenot ne mâche pas ses mots. Il se dit clairement favorable à l’autodétermination du Pays Basque. En ce qui concerne le Pays Basque nord, il prône la création d’un département Pays Basque, une réponse "logique du point de vue culturel et géographique". "Aujourd’hui c’est le département des Pyrénées-Atlantiques qui est absurde" a-t-il remarqué. "Néanmoins un département Pays Basque ne réglera pas tous les problèmes" selon le candidat à la présidentielle, qui préconise une politique différente de l’actuelle.
1 M¤ pour Quiksilver
Pour Olivier Besancenot la candidature de François Bayrou ne trompe personne, "c’est un candidat de la droite" soutient-il. La LCR estime que les Basques sont mieux placés que quiconque pour connaître la politique que François Bayrou mènerait en cas d’élection. Ainsi Martine Mailfert rappelle la politique de l’UDF pratiquée dans le département par le relais local, en la personne de Jean-Jacques Lasserre : "la transnavarraise", "des cadeaux aux patrons des sociétés, comme Quiksilver qui vient d’empocher 1M¤ du Conseil Général alors qu’en 2005 le groupe enregistrait un bénéfice net de 180 M$" et "la culture des OGM prônée par Lur Berri" sont cités en exemple. Olivier Besancenot ne manque pas non plus de rappeler le dossier Ruwell, dont le terrain a dû être racheté par la CABAB après l’avoir cédé "à l’¦il".Il est favorable à la ratification par la France de la Charte Européenne des Langues Régionales, pour l’enseignement par immersion, pour le développement de l’enseignement du basque dans la filière publique.
Concernant le processus de paix engagé en Pays Basque, il exige le rapprochement des prisonniers basques en France comme en Espagne, estimant que les deux gouvernements doivent agir pour la paix. La LCR prône une "résolution politique du conflit", par un mouvement de masse qui donnerait le pouvoir de décider à la population. Il a condamné "clair et net" l’attentat de Madrid.
Bloquer les loyers
Découvrant la crise du logement en Pays Basque, Olivier Besancenot propose que les élus qui ne respecteraient pas la loi SRU par la création de 20% de logements sociaux devraient être inéligibles. Pour un service public du logement, il estime nécessaire de bloquer les loyers afin d’empêcher leur hausse et préconise une loi qui fixerait le loyer à un taux maximum de 20% des revenus.Concernant la sécurité, il s’oppose résolument au tout répressif, préférant un effort conséquent dans l’éducation, la prévention et par la création de structures publiques d’accueil et d’aides aux personnes en difficulté.
Pour conclure, il a appelé les socialistes à "résister ensemble face à la droite", estimant que la dynamique que Ségolène Royale espérait engendrer à gauche n’arrive pas.