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Le JPB > Sujet à la une 2006-09-29
Le gratuité du tronçon autoroutier Bayonne-Urt en négociations
·Les ASF n’envisagent pas de créer de nouveau péage à Mousserolles pour l’instant, mais l’augmentation du prix du péage de Sames pourrait contribuer aux frais de mise aux normes autoroutières de la RD 1

La question a fait débat lors de la réunion de l’atelier infrastructures de Pays Basque 2020. Le président du Conseil général Jean-Jacques Lasserre a été interpellé par les membres de l’atelier, lors de son intervention du 10 mai 2006. Les membres de la commission se sont inquiétés d’apprendre que le Conseil général souhaite céder la RD 1 aux ASF, craignant que la gratuité actuelle de la 2x2 voies autoroutière entre Bayonne et Urt ne soit remise en cause.

La RD1 fait partie des négociations en cours entre l’Etat et le Conseil général. L’arrêté du 23 décembre 2005 du Préfet des Pyrénées-Atlantiques portant constatation du transfert de routes nationales au Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, n’avait pas été du goût du président du Conseil général, estimant que le transfert de compétences n’avait pas été suivi d’un transfert de financier acceptable. L’arrêté prévoyait la mise sous tutelle départementale de la portion de la Route nationale 10 entre Bayonne et Béhobie (Urrugne). La décision concernait le transfert du réseau routier avec leurs dépendances et les accessoires. Le Conseil général n’était pas prêt à accepter ce qu’il considère comme "une imposition" de la part de l’Etat. Le département avait même introduit un recours, en annonçant qu’il irait jusqu’à "désobéir" si le Préfet tentait de l’y obliger.

La négociation semble donc ouverte entre les deux parties et l’avenir de la RD1 ferait partie des discussions. Lors de l’atelier infrastructures de Pays Basque 2020, Jean-Jacques Lasserre s’est engagé à mener, avec les villes du BAB, des négociations avec les A.S.F. Il a été indiqué que la RD1 ne serait pas rétrocédée sans l’assurance de la gratuité et d’autres aménagements.

Néanmoins, le groupe a souhaité rester "très vigilant sur ce dossier".

440 millions

Michel Inchauspé, ancien ministre, député et conseiller général en charge des routes à l’époque où Henri Grenet était président du Conseil général, rappelle que cette question est sur la table depuis quatre ou cinq ans, sans pouvoir aboutir. L’ancien élu Garaztar aujourd’hui à la retraite estime que la cession de cette portion aux ASF serait "logique". Néanmoins, il insiste sur le fait que cette portion devra toujours rester libre pour les usagers de la zone. Michel Inchauspé ne comprendrait pas la mise en place d’un péage supplémentaire, et ce, d’autant moins que Jean-Jacques Lasserre serait personnellement concerné par cette mesure, puisqu’il est élu du canton de Bidache.

Michel Inchauspé se souvient encore du rôle décisif joué par le président du Conseil général de l’époque, qui était également maire de Bayonne, afin de prolonger l’autoroute jusqu’à Bayonne par une 2x2 voies. "Il est rare de voir un Conseil général financer une autoroute" commente-t-il, en se souvenant du montant conséquent de 440 millions de francs qui, grâce aux différentes subventions, avait constitué une augmentation conséquente de la redevance des mines, puisque cette portion avait coûté 80 millions de francs au département.

Incontournable

Jean Falagan, maire de Briscous, reste serein, en soulignant qu’à ce jour il n’est pas question de création de nouveau péage sur cette portion. Selon les dernières informations dont il dispose sur le sujet, en cas de cession de la RD1 aux ASF, l’entretien de la portion serait financé par une augmentation du prix du péage à la barrière de Sames. Néanmoins, il assure rester vigilant sur les négociations en cours, afin que ses administrés ne soient pas pénalisés, cette route étant devenue depuis son ouverture en 1990 incontournable pour les riverains.

Inadmissible

Pour Jean-Pierre Destrade, conseiller général de Saint-Pierre d’Irube, il serait "inadmissible" que la RD1 devienne payante. "Non seulement un engagement ministériel existe pour que ce tronçon reste gratuit, mais il faut se rappeler que ce sont les contribuables qui ont payé les travaux de construction et qu’il serait inadmissible de leur faire payer davantage" souligne-t-il.



ASF : "Il n’y aura pas de barrière de péage aux échangeurs d’Urt, Briscous et Mouguerre"
David Maillard, chargé d’opérations au sein des Autoroutes du Sud de la France (ASF), confirme que le Conseil général et l’Etat sont en pleines négociations sur le devenir des 11 kilomètres entre Mousserolles et l’échangeur d’Urt. Il précise que contrairement à la croyance populaire, cette portion n’est pas une autoroute, mais une 2x2 voies ; d’où la limitation de vitesse à 110 km/h au lieu de 130 km/h. En revanche, les patrouilles des ASF réalisent une prestation pour le compte du Conseil général, afin de veiller au bon fonctionnement de la portion. Les grands travaux restant à la charge du département.

Une fois que les négociations auront abouti, les ASF devraient être désignées gestionnaires de cette portion, en prolongement de l’A64 qu’elles gèrent déjà. "D’ici là, les ASF ne participent pas à la négociation", précise-t-il. Néanmoins, les ASF ont tout un projet pour la mise aux normes autoroutières de cette portion et assurent qu’elles seront gestionnaires directes du tronçon, sans déléguer. En revanche cette mise aux normes autoroutières nécessite des travaux "importants" remarque David Maillard, précisant qu’il faudra bien les financer. Ainsi n’exclut-il pas que dans ce cas, le prix du péage de Sames puisse s’en ressentir, même si c’est encore trop tôt pour le dire.

D’autre part, le projet compte une connexion autoroutière entre l’A63 (Pau-Bayonne) et l’A64 (Bordeaux-Hendaye). Un ouvrage d’art permettrait d’éviter le giratoire de Mousseroles, que les projets de centres commerciaux risquent d’encombrer un peu plus. Par ailleurs, cette liaison autoroutière permettrait d’assurer une continuité autoroutière entre l’Italie et la péninsule ibérique, entrecoupée aujourd’hui par la petite portion de 11 km.

Quant à l’éventualité de créer une nouvelle barrière de péage à Mousserolles, David Maillard répond que cela n’est pas envisagé pour l’instant, même s’il n’est pas catégorique et rappelle que les négociations n’ont pas encore abouti entre le Conseil général et l’Etat. Néanmoins il assure qu’il n’y aura pas de barrière de péage aux accès d’Urt, Briscous et Mouguerre.


 
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